Gautiqub DBS Gahtiquks, ch. vin
3. Malgré son amour pour les femmes ou peut-être à cause de cela, Salomon est cependant fort irrévérencieux dans ses opinions sur le beau sexe. « J*ai bien trouvé, dit-il, un homme entre mille, » mais pas une seule femme, entre elles toutes. • (EccLteàsTS. eh. vi. 39.)
Outre la révision du canon biblique, rAcadémie d'Yabné s'occupa aussi de la révision du rituel. Sous ce rapport, il n'y avait guère qu'à confirmer ce que le Grand Synode avait établi. La synagogue avait été fondée dès cette époque, remplaçant déjà par le culte d'adoration le culte d'oblation ; mais elle avait, alors, à côté d'elle le temple officiel et le sacerdoce. Il suffisait maintenant de constater que le sacerdoce avait disparu et que l'offrande du cœur était aussi agréable à l'Étemel que l'offrande des victimes. L'abolition, de fait, de la caste pontificale consacrait d'une manière absolue le principe pharisien qui reconnaissait l'apti* tnde de chacun des membres de la communauté à toutes les fonctions religieuses. N'y ayant plus de clergé spécialement et exclusivement investi, par une élection divine, de privilèges héréditaires, il n'y avait plus de hiérarchie. Le chef religieux devint un simple mandataire du peuple, librement choisi par ses pairs pour être, auprès de l'Éternel, l'organe de leurs vœux et la voix de leurs supplications. On dit que c'est de cette époque que le ministre officiant a reçu le nom de « représentant du peuple » Schaliach Tsibour, qu'il porte encore aujourd'hui dans l'organisation synagogale ^ L'application du culte pharisien ne pouvait plus souffrir de difficulté maintenant qu'il subsistait seul sur les ruines de l'ancien culte. L'Académie de
1. Voir surcespoiats Otum^ GeschkKte der Juden^ t. IV, ch. ii et IV pas8iiii.
Yabnë put l'adapter librement au nouvel état de choses que les événements avaient créé.
Mais le rituel révisé eut à s'occuper d'une question beaucoup plus importante, qui concernait les rapports du Judaïsme avec le Christianisme. Les Chrétiens étaient devenus des adversaires déclarés, bien autrement redoutables que ne l'avait été le Sadducéisme à l'intérieur, aussi dangereux que l'était encore le Paganisme à l'extérieur. Le rituel établi définitivement par l'assemblée de Yabné, porte la trace des sentiments qui animaient alors les Pères de la Synagogue contre ce nouvel ennemi. C'est donc le cas de dire conmient s'était faite la rupture entre les Juifs et les Chrétiens.
Les disciples de Jésus hésitèrent longtemps avant de porter au monothéisme, par l'affirmation de la divinité.du Fils de Marie, l'atteinte profonde qui devait consommer le divorce de l'Église chrétienne avec la loi du Sinal. On a vu que, jusqu'à la chute de Jérusalem/ les Chrétiens de Palestine avaient manifesté éloquemment leur fidélité aux traditions paternelles, observant religieusement toutes les pratiques de culte ' ,