‹ Les PharisiensChapitre 113 sur 258 · ÉpUre aux Calâtes^ vh' ii« il à · texte numérisé non relu

ÉpUre aux Calâtes^ vh' ii« il à

principe fondamental de la loi d'Israël. Les rapports entre le Pharisalsme et le Christianisme n'eurent alors aucun motif de s'envenimer.

Mais, en dehors de la Judée, l'apostolat chrétien était poussé sur une pente irrésistible qui devait l'éloigner de plus en plus du Judaïsme. L'arrivée de Paul à Rome, l'exaltation de son esprit pendant sa longue détention, et, surtout, l'étude approfondie des seuls moyens de prosélytisme propres à entraîner le monde païen, firent rapidement dévier la doctrine apostolique de sa ligne primitive. La transformation se révèle dans les derniers écrits de l'Apôtre des nations. Jésus n'y apparaît plus comme le Messie, fils et héritier de David, qui vient accomplir la loi et réaliser les promesses prophétiques. Sa divinité s'ébauche, il est vrai dans une demi-teinte prudente , mais elle est déjà visible. En tout cas, dès lors, on le considère bien audessus de la nature humaine ; il n'a presque plus rien de commun avec les fils de la poussière * .

A cette nouvelle phase du mouvement chrétien, l'influence de la philosophie juive d'Alexandrie fut considérable. Paul est un Philon chrétien, comme Phi- Ion était un Platon juif. Leurs idées sont identiques et les expressions aussi. Le Logos du philosophe alexandrin se personnifie en Jésus : a Le Fils est

1. Voir surtout les Épttres aux ColosHens ei aux ÉphésUns, et consulter, sur cette transformatioD, Rerak, S. Paul et VÀntëchrUU HutoirB des oriffines du ChrUtianUme^ t. III et IV.

n l'image du Dieu invisible, le premier-né des créatu- N res ; tout a été créé en lui, par lui e( pour lui, choses » célestes et terrestres, visibles et invisibles, trônes, » puissances, dominations. Il était avant toute chose » et tout existe en lui... Jésus est le Dieu de l'homme, » une sorte de premier ministre de la création placé » entre Dieu et l'humanité ^ »

Ainsi, Jésus, qui n'était qu'un homme supérieur pour les disciples avec qui il avait vécu, devenait, de [^lus en plus, un être surhumain et idéal dans l'imagination de l'Apôtre exalté qui ne l'avait pas connu directement. Cette conception d'un esprit divin incarné dans un corps d'homme, convenait d'ailleurs admirablement aux païens convertis, qui n'ayant pas fait, comme les Juifs, le long et laborieux apprentissage du monothéisme pur, avaient peine à renoncer tout d'un coup à leur séduisante mythologie. Le Verbe chrétien formait une merveilleuse transaction entre le polythéisme et la foi unitaire. Paul connaissait trop bien les sentiments intimes des Gentils pour ne pas comprendre que ce système ingénieux, déjà vulgarisé par la philosophie contemporaine, était le levier au moyen duquel il soulèverait le vieux monde.

Mais, si les païens acceptaient avec enthousiasme la doctrine de l'incarnation du Logos, il n'en pouvait être de même des Juifs, pour qui c'était la négation

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