Épitre aux Hébreux, ck. it
» mais son sang est l'universelle propitiation, le sceau » d'une alliance nouvelle... Le devoir suprême, c'est » de porter l'opprobre de Jésus, de sortir du monde, » car nous n'y avons point de cité permanente et nous » cherchons celle qui est à venir. »
Ce mélange d'Alexandrisme, de Gnosticisme, de Mysticisme et de Kabbale, qui caractérise la théorie de Paul dans ce qu'on peut appeler « sa seconde ma- » nière, » devait plaire aux prosélytes païens, mais il creusait un abîme sans fond entre la Bible et l'Évangile. Vainement, par des procédés d'exégèse analogues à la dialectique pharisienne, l'Apôtre des Gentils appuyait-il sur des textes sacrés, habilement détournés de leur sens naturel, ses nouvelles conceptions, les conséquences où il aboutissait étaient trop graves pour ne pas soulever les protestations des fidèles du monothéisme.
Cependant la lutte ne s'engagea pas tout d'abord. Lorsque parurent les manifestes de Paul et de ses disciples, la guerre civile et la guerre étrangère dévastaient la Judée. Les docteurs pharisiens étaient trop émus par les incidents du drame sanglant où se jouait l'existence même de la nationalité juive, pour suivre avec attention les progrès du Christianisme. Du reste, les disciples directs de Jésus continuaient à condamner sévèrement les doctrines paulinistes. L'Apocalypse, rédigée en l'an 69, prononce l'anathème
u contre cette doctrine de Balaam qui enseigne à jeter )> le scandale devant les fils d'Israël» à manger les » viandes immolées aux idoles et à se livrer à la for* n nication. » Elle flétrit : « ces faux apôtres, ces gens « de la synagogue de Satan qui se disent Juifs et » qui ne le sont pas^ »
A répoque de la destruction de Jérusalem, les chrétiens judaïsants condamnaient donc encore, en termes formels, les chrétiens paganisants et Ton pouvait espérer que la communauté ébionite ne romprait pas définitivement les liens qui semblaient la rattacher au vieux tronc du Judaïsme. Aussi, dans l'exil commun qui suivit la victoire de Titus, les Tanaltes et les Ébionites ne se faisaient aucun scrupule de viyre et de discuter ensemble. Éliézer ben Horkanos, pendant qu'il subissait, grâce aux rigueurs de Gamaliel, la peine du bannissement, entretint de fréquentes relations avec les chrétiens de Galilée. La chronique a même conservé une discussion singulière qu'il eut, sur Jésus, avec un certain Jacob de Kaphar Samia '. Ben Dama, neveu d'Ismaêl ben Elissa, ayant été mordu