‹ Les PharisiensChapitre 132 sur 258 · II · texte numérisé non relu

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qui leur était donné*. Knûn les Prophètes, dont la tradition fait un des plus importants chaînons de la loi orale V ont écrit toutes leurs prophéties et en ont transmis les grandes idées àradmiration de la postérité.

Seulement, comme à Rome^ tous ces nouveaux principes, produit du travail des siècles, étaient restés dans les régions vagues de l'enseignement verbal ou dans les obscures archives des Synhédrins. Lorsque les Tanaïtes entreprirent de rédiger la loi traditionnelle, ils firent, pour le droit non écrit du Judaïsme, ce que Justinien réalisa, à son tour, pour le jtis non scriptum de la société romaine.

11 n'en est pas moins vrai qu'il fallut pour cela agir en quelque sorte révolutionnairement, comme on l'avait fait en transportant à Yabné le siège du Syn. hédrin. Il est certain, en effet, qu'à cette époque, préjugé ou tradition, on regardait comme une règle essentielle l'interdiction de codifier la loi orale. Mais les docteurs juifs ne s'étaient pas arrêtés devant des considérations plus graves ni devant des obstacles plus redoutables. Ils avaient assez d'énergie pour passer outre et assez d'habileté pour éluder encore cette difficulté. D'un passage biblique, interprété subti-

1. Maymoxides» Préface de Yad-ha Hazakak, et Introduction aux Commentaire sur la Mischnah. Ces uotes étaient connues sous le nom de Méguiliath Sétarvn, rouleaux secrets, nom qui correspond aux Mystères dont parle la légende.

2. Abotii, cb. I, § l.«Moï>te reçut la loi du Sinaî et la transmit au » anciens, qui la transmirent aux Prophèle:!. etc. m

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lement \ ils tirèrent cetle maxime qui est devenue tout un système de large indépendance en matière religieuse. (( Quand il s'agit de travailler pour Dieu, » il est permis d'aller jusqu'à la violation de la loi '. » En conséquence, il fut décidé qu'en vue du but considérable qu'on se proposait dansl'intérét de la religion, il fallait mettre de côté de vains scrupules et ne pas bésiter à rédiger le code de la nouvelle loi ^.

Nous avons dû insister sur ce point, parce qu'il fait connaître une fois de plus avec quelle hardiesse d'interprétation le Pharisaïsme forçait la légalité c^ subir les convenances de la Réforme et avec quelle énergie il savait briser les obstacles.

Mais, il y avait une difficulté bien plus grande que de passer par-dessus le vain préjugé qui interdisait de rédiger par écrit la loi orale, c'était de définir exactement de quels éléments elle se composait. Les sources où l'on pouvait puiser, dans ce but^ étaient aussi nombreuses que confuses. On y parvint cepen-

1. Ce passage est celui du Psaume cxix, 126. « Il est temps d'agir » pour rÉternel, car la loi est violée. »

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