‹ Les PharisiensChapitre 179 sur 258 · MIBCH5AH, Sukkah, ch. v, § 9. — Talmud, Yoma · texte numérisé non relu

MIBCH5AH, Sukkah, ch. v, § 9. — Talmud, Yoma

jamais la pensée de leur enlever la liberté de censscience.

Lorsque le Christianisme commença sa prédication, les Pharisiens ne virent pas davantage une hérésie dans la croyance des Apôtres en leur Clirist ressuscité. Ceux-ci fréquentèrent, sans obstacle, les synagogues après la mort de leur maître, comme ils l'avaient fait pendant sa vie \ Le schisme, on l'a vu, n'éclata entre les Judéo-Ghrétiens et les Juifs que lorsque, faisant un Dieu de Jésus, les premiers portèrent au monothéisme une atteinte profonde que les Pharisiens combattaient alors avec la même ardeur qu'ils avaient combattu la tendance des Sadducéens à l'idolâtrie, au temps d'Antiochus Ëpiphane.

L'histoire du Judaïsme n'a pas connu ces sanglantes guerres do religion que le dogmatisme, grâce à ses prétentions à l'infaillibilité, a déchaînées si souvent sur le monde. On a beaucoup discuté, dans les écoles de Judée et de Babylonie^ sur les questions les plus obscures de la théodicée ; mais on n'y a jamais transformé en articles de foi absolue les solutions, plus ou moins probables, auxquelles les maîtres les plus illustres sont arrivés. On a pu admettre leurs opinions comme des vérités spéculatives ; on ne les a jamais considérées comme des dogmes.

1. Actes des Apôibes, ch. ii, 46 et 47. — Quotidie quoque perdurantes unanimiter in templo coUandantes Deum et habenles

gratiam ad omnemplebem.— Petrusantem et Johannes ascendebaut ad templnm ad horani orationis nonam. {Ilnd.^ ch. tn. 4.) II. 26

in

Ue ce principe, qui est certainement la règle dominante de la théologie pharisienne, est résulté uu remarquable esprit de tolérance qu'on ne retroave a un égal degré dans aucune autre religion.

Le Pharisalsme n'a pas écrit eki tête de son code religieux : « Hors du Judaïsme point de salut ! » II y a, au contraire, inscrit cette maxime de justice : t Les » justes de toutes les nations ont part aux félicités » de la vie étemelle ' . »

(c Je prends à témoin le ciel et la terre, dit un des » plus anciens recueils tanaïtes ', insérés dans la » Mischnah, que tous les hommes, sans distinction de » culte ni de condition, Israélite ou idolâtre, esclave » ou homme libre^ sont aptes à recevoir les inspira- » lions de l'esprit saint, pourvu qu'ils s'en rendent » dignes par leur conduite. »

« Il est dit : u Yoilà les préceptes par lesquels » Y homme vivra ' ; » mais, il n'est pas dit par lesquels » les prêtres, les lévites ou les Israélites vivront. Le

i. «an dStvS pSn onS tn dSiv mciK n^on sanhédrin i.) —

Rappelons qae ce beau principe fut proclamé par rAcadémie de Yabné sur rinitiative libérale de ,R. Yehoscboua ben Hananiah.

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