I. Talïld, Synhédrin, 9n el [H
' 4io le:s pharisiens.
mort a décomposé * ; mais les plus illustres parmi eux .ont fait dévier la croyance originaire' vers un spiritualisme plus élevé. Ceux-là ont eu pour chefs Akiha. Ysmaël et Gamaliel lui-même malgré la discussion obstinée qu'il avait soutenue contre les Sadducéens. Il s'est produit, à ce sujet, dans le Pharisalsme, un mouvement analogue à celui qui se produisait parallèlement dans le Christianisme. La première doctrine des Apôtres sur la résurrection l'interprétait aussi dans son acception matérielle. Le corps devait revivre avec toutes les conditions de l'existence terrestre. La légende du Christ ressuscité, qui est la base fondamentale de renseignement chrétien ', et qui, d'après les propres paroles de Jésus, devait être le signe décisif de sa messianité ', le montre vainqueur de la mort, vivant tel qu'il était avant sou supplice, buvant, mangeant et faisant toucher par ses disciples incrédules les blessures faites à ses mains, à ses pieds et à son flanc, lorsqu'il fut mis en croix *. Mais bientôt, la lumineuse intelligence de Paul, se trouva aussi embarrassée que
1. On vient de voir cette conclusion formulée par Texempie du verrier qui, avec les débris informes d'un verre brisé, reconstitue aisément un second verre tout à fait semblable au premier.
2. Si Christus non resurrexit, inanis est ergo proBdicatio nostra, inanis est et fldes vestra. [Epist, ad Corinlh. h ^^, 14.)
3. Generatio illa mala et adultéra signum quœrit et signnm non dabitur ei nisi signum Jonœ prophetœ. Sicut enim fuit Jonas in ventre cŒti tribus diebus et tribus noctibus, sic erit Filius hominis lu corde torrcB tribus diebus et tribus noctibus. (MATTiiiEr, ch. vu, 39.)
4. Voir répisodc d'EniuiaUs. Lur. cb. xxiv, 1 6. — CX Jkati, cb. sx, 26.
l'étaient les docteurs pharisiens en face des insolubles problèmes que la résurrection, ainsi conçue, pose à la raisouf à la science et à la foi. Il y échappa en spiritualisant le dogme mystérieux et en transportant dans le monde futur, dans la cité divine^ la véritable résurrection, a Ce corps, dit-il, qui a été mis en terre » (semé) dans la corruption et dans la honte, ressus- 1) citera dans l'incorruptibilité et dans la gloire. Ce qui » a été semé, c'est le corps animal; ce qui se relèvera, » c'est le coi*ps spirituel. Le premier Adam a été » formé en âme vivante ; le second Adam le sera eu » pur esprit. Le premier homme tiré de la terre était » teroBstre; le second, recevant ses éléments du ciel, » sera céleste. Nous avons porté d'abord une forme )> terrestre ; nous porterons une forme céleste * . » Ainsi , dans les nouvelles idées de l'apôtre dos Gentils, la ré surrection se confondait avec la vie future. Elle ne devait pas s'accomplir sur la terre et dans le temps, mais dans le ciel et dans l'éternité.
Comme Paul, le Pharisaïsme fut entraîné à dégager cette croyance de tout ce qu'elle avait d'incompréhensible au point de vue matériel. Dans l'opinion des docteurs que nous avons cités, la résurrection, au lieu d'être le retour à la vie terrestre, n'est que l'immortalité spirituelle. L'homme meurt en ce monde et nait dans le monde futur. Il tombe matière, il se relève esprit. Sa personnalité reste cependant entière; suii