I. Épilre aux CorinUUens, cb.xv, 43 et euW
moi n'est pas altéré, car Tâme, incorruptible de sa nature, est le vrai, lé seul foyer immuable de Tindividualité humaine; mais, c'est la personnalité ^irituellc avec ses qualités métaphysiques; ce n'est plus le corps mortel avec ses imperfections physiques *.
Akiba et Ysmaël, affirmant cette conviction, déclarent qu'il n'y a que deux mondes, le monde actuel et le monde futur. Ils éliminent ainsi le monde intermédiaire de la résurrection corporelle, ou plutôt ils confondent la résurrection avec la vie immortelle ^. Gamaliel lui même, dans sa fameuse controverse avec les Sadducéens, finit par incliner visiblementdansle même sens '. Il est remarquable, d'ailleurs, que partout dans le Talmud les mots « résurrection » {Té^hiatlt-ha^Métim) et « monde futur » {Olam-habba) ^ sont presque constamment employés l'un pour l'autre. Enfin, lorsque le livre de l'enseignement commente, dans le Code de la seconde loi {Mischnah)^ le passage qui exclut « du monde futur » ceux qui ne croient pas à la résurrection, il dit que cette peine leur est infligée a parce
1 . C'est en ce sens qu'est expliqué par tous les interprètes sérieux ^ le passage talmudique qui dit que « rhomme ressuscitera avec ces )) vêtements » (Synhédrin^ 5^ — Ketoubofh 110); cela veut dire avec ses facultés personnelles. ( Weill, le Judaïsvie^ses dogmes^ 8a mission, t. ni, p. 557.)
2. Synhédrin^ 90 etsuiv. — Il faut observer que Topinion d'Akibaet d'Ysmael est soigneusement mentionnée à la suite de la controverse de Gamaljel, dont elle est ainsi, en quelque sorte, la conclusion.
3. Notamment dans Tinterprétalion qu*il donne k un verset du iV.utéronome, ch. iv, 4.
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» quCy.niaut la résurrection, ils no méritoiit pas d'y u participer '. n C'est dire nettement que la résurrection et le monde futur sont la même chose.
Cotte interprétation parait avoir été la pensée dominante de l'école pharlsienne. Elle est conforme aux inondations du document le plus ancien de la réforme, le rituol du tomp» d'Ëzra. On y lit en effet une formule caractéristique, empruntée à Nébémie et
aux Chroniques ', qui proclame le royaume divitf (c de ce monde jusqu'à l'autre monde ^. La Mischnah fait connaître, en termes précis, le but et le sens de ces mots. C'est une réponse catégorique à ceux, comme les Sadducéens, qui, sceptiques sur l'immortalité de l'àme et la résurrection, disaient qu'il n'y avait qu'un seul monde, celui d'ici-bas; mais c'en est aussi une non moins formelle à ceux qui croyaient à trois mondes successifs^ celui de la vie présente, celui do la résurrection et celui de la vie éternelle *. Le Talmud n'est du reste pas moins catégorique à cet égard que la Mischnah. « Il n'y. a pas trois (c mondes ' » dit-il en termes décisifs.
i. Synhédrin, loe. cit. et Mischrah, Synhédrifit ch. ii, § 1.