NéBiMiB, ch. IX, 5. ~ CBBOifiQUES, cb. XVI
3. Sn HN DnSi:;n -r^n oSl^rn ya (Rituel, prière de PjUchmath.)
4. MiscuNAH, Béracholhf ch. ix § 5. — La prière solennelle du rituel qui proclame Tim mortalité de Tàme, (Prière tTElohal Néschamay) n'est pas moins explicite : « Seigneur^ ditrelle, tu prendras » mon Ame au moment de ma mort et tu me la rendras dans le
» monde futur. » C'est exclure évidemment le monde intermédiaire. I
"». Talmvd, Synhédrin, 00. J
Vé'k LES PHARISIENS.
Ou trouve même, dans les discussions doctrinales, des opinions qui semblent mettre entièrement à Técart la croyance en la résurrection. La mort n'y est plus présentée comme l'attente d'une nouvelle vie terrestre, mais comme « un retour définitif au pays natal où, par » la porte mystérieuse du tombeau, l'homme arrive » rajeuni et transformé. » On y déclare que « mourir, » pour le juste, c'est vivre plus que jamais, car c'est » vivre dans le Seigneur \ * Si l'àme pieuse, en se séparant du corps, s'absorbe ainsi dans l'immortalité divine, que devient la résurrection ?
On peut conclure de ces diverses citations que l'opinion la plus autorisée, au sein de l'école pharisienne, était analogue à celle de saint Paul. La vraie résurrection, c'est la vie céleste succédant à la vie terrestre ; c'est l'àme immortelle passant du temps A réteruité.
Maintenant, quelle idée se faisaient les docteurs juifs de cette seconde vie qu'ils nommaient vaguement « monde à venir » Olam-habba^ en hébreu, Aima déathi^ en chaldéen?
C'est ici que l'imagination s'est lancée, au hasard,
). Talmuo, Bcracholh, 18 a et 6. — Taanith, 5, b.
LES PHARISIENS. \\o
dans les champs inflnis de Tidéal. Nous avons analysé sommairement toutes les hypothèses fantaisistes que les compilateurs du Talmud ont mentionnées et qui déQnissent, dans leurs moindres détails, les régions du Paradis et de l'Enfer, les béatitudes des justes et les supplices des pécheurs. Nous ne reviendrons pas sur ces tableaux bizarres, produits d'un mysticisme égaré à la recherche de l'inconnu. Disons seulement que l'Évangile ne s'est pas plus affranchi que le livre traditionnel du Judaïsme, de cette manie do description à l'égard du monde futur. Jésus et ses disciples croient au Guéhmom comme au G an Eden. Ils parlent des démons et des anges, de la localisation ^ des peines et des récompenses de l'autre vie, en termes qui démontrent à quel point ils partageaient les croyances populaires et légendaires qui avaient cours en Judée et en Babylonie ^
Mais, il ne faut voir ni dans leis récits évangéliques, ni dans les récits talmudiques, la prétention d'affirmer des réalités indiscutables. Ces images terribles ou attrayantes n'avaient d'autre but que de frapper vivement l'esprit des masses, en arrêtant les méchants par l'effroi des châtiments, en encourageant les bons par l'espoir des félicités éternelles. Au fond, ce n'étaient que des symboles recouvrant des croyances beaucoup plus spiritualistes. La Kabbale, à laquelle ont été em-
1. Matthieu, cb. viii, 12. — Lrc, cb. xiii et xvi, et surtout VApoealypxe, passim.
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pruntées toutes ces peintures merveilleuses de Tautru monde, employait, on le sait, un langage do convention qui ne livrait qu'aux initiés la véritable pensée de l'écrivain. Le principe spirituel y était généralement enveloppé dans un réalisme aussi bizarre qu'il était impénétrable pour le commun des mortels.
Pour empêcher les esprits sérieux de glisser, h leur tour, sur la pente où le vulgaire se laissait entraîner à la suite des auteurs apocalyptiques de la cosmographie du Paradis et do l'Enfer, le Pharisaïsme a pris soin d'y couper court par quelques-unes de ces maximes tranchantes qui sont, en pareil cas, son système favori.
a II n'y a pas de Guéhinom (d'Enfer) dans le monde )} futur*, » dit-il sentencieusement.
u Dans le monde futur, dit-il encore avec une égale » concision, il n'y a ni manger, ni boiro, ni jonis- » sauces matérielles. La béatitude des justes consiste » dans la contemplation des perfections divines *, »
Enfin, conséquent jusqu'au bout avec la règle qu'il s'est imposée de ne pas dogmatiser sur co qu'il ignore, il ajoute, avec autant de bon sens que de prudence : « Quant à la rémunération dans la vie future^ • il est impossible de s'en faire une idée '. »