‹ Les PharisiensChapitre 21 sur 258 · Matthieu, ch. xxii, 23 et suiv · texte numérisé non relu

Matthieu, ch. xxii, 23 et suiv

B. fbid,, 15 et suiv.

0 à Dieu ! % Ailleurs» on voit un docteur pharisien lui demander ce qu'il entend par le royaume des cieuxet comment doit se manifester l'avènement du règne divin ^

Ces questions doctrinales sont généralement posées sans passion et résolues de même. Quand la discussion est finie, les interlocuteurs se quittent pacifiquement. Jésus était évidemment considéré de tous comme un docteur instruit à l'opinion duquel il convenait d'attacher une valeur réelle. Les controverses tbéologiques et légales étaient trop de l'essence du Pharisalsme pour que les disciples d'Hillel et de Scbammal pussent ni s'étonner ni s'émouvoir des solutions^ d'ailleurs si remarquables, du jeune et charmant docteur de Nazareth.

Entre eux et lui, nous le répétons, l'opposition n'existait que sur des questions de conduite. Jésus, tout en approuvant, en principe, l'enseignement pharisien, flétrissait, en même temps, avec une grande énergie, les hypocrites qui dénaturaient la pensée des maîtres et se faisaient d'une dévotion apparente, exagérée et ridicule, un moyen d'influence et de considération auprès du peuple. La vigoureuse apostrophe où il signale au mépris publie les comédiens de religion, est trop connue pour avoir besoin d'être reproduite. Tout le monde se rappelle ce cri éloquent : « Malheur à » vous. Scribes et Pharisiens hypocrites ' ! » Mais les

i. Lrc, ch. XTii, 20 et suit.

i. BCattiibi, 1 h. xxi.i.

vrais sages du Pharisaïsme n'avaient pas attendu cette juste flagellation de Thypocrisie religieuse, pour condamner hautement les faux pharisiens, n les pharisiens teints I , suivant la spirituelle expression d'Alexandre Yanaï, qui couvraient les plus mauvaises passions du masque de la piété ^ Comme Jésus, les docteurs émînents s'éloignaient de ces hommes à double face, qui cherchaient à capter la confiance publique en s'afTublantmensongèrement du manteau pharisien, et qui ne pouvaient que compromettre la cause dont ils aflectaient d'être les plus ardents défenseurs. Ils dénonçaient publiquement ces simagrées de dévotion comme un acte coupable digne de la colère divine *.

i. Nous avoDs cité dans les Déicides (page 175), et nous devons reproduire ici, le passage original du livre traditionnel du Pharisalsnie, où le^s faux dévots sont peints en termes aussi Tifs que pittoresques. <c 11 y a sept sortes de Pharisiens: i» Les forts d'épaules ; ils écrivent » leurs actions sur leur dos pour se faire honorer des hommes ; 2« les » bronc/ieurSf qui vont par les rues traînant, pour se faire remarquer, » les pieds contre terre et les heurtant sur les cailloux; 3» les cognea têtes qui ferment les yeux pour ne pas voir les femmes et se co- » gnent le (t'ont contre les murs ; 4» les humbles renforcés^ qui • ninrchent plies en deux ; 5° les Pharisiens de calcul, qui n'obaera vent la loi que pour les récompenses qu'elle promet; 6» les Pharia sUms de la peur, qui ne fout le bien que dans la crainte du ch&ti- » uienl ; 7<> les Pharisiens du devoir ou les Pharisiens d amoui\ a Ceux-ci seuls sont les bons; parmi les autres, il n*en est pas un qui » soil digne d'estime. » (Talmiu, Soth 22, b.)

2. « Le Iriliuual suprême, » dit un autre passage caractéristique, « saura punir les hypocrites qui s'enveloppent du voile sacré {takih) » pour se po<;er en vrais Pharisiens, et qui ne le sont pas. •• (Talhvd, ibid.j

Lt:S PIIAKISIENS. ai

Du reste, si Jésus critiquait à boa droit Tâttitude de certaines gens qui faisaient profession de Pliarisaisme^ les Pharisiens, de leur côté, lui adressaient des observations qui ne manquaient pas de fondement.

Ainsi, bien qu'ils admissent,. en général, la violation do sabbatb, en cas de -nécessité urgente ^ ils s'étonnaient de voir Jésus et ses disciples se montrer, à cet égard, d'une indifférence qui paraissait systématique ^ Ainsi encore, ils avaient peine à comprendre comment un maître aussi initié que Jésus aux pratiques de TEssénisme, négligeât, généralement, los soins de pureté traditionnelle, l'ablution des mains avant le repas, la purification des vases servant à l'alimentation, le choix des mets permis ou défendus ^. Ses réponses à ces observations ne sauraient être trop admirées. « Ce qui entre dans le corps, » disait-il, u ne » souille pas l'âme ; ce qui la souille, ce sont les vin ces et les passions. » — « La vraie pureté ne consiste » pas à se laver les mains avant de manger, mais » à préserver son esprit du mal *. » En disant cela, il restait sans doute très- supérieur à ceux qui discutaient avec lui. Leur divergence venait de ce

t. Oa a TU, dans Thistoire d'Hillel, que Schémala et Abtalion n*avaieot pas hésité à soigner et à réchauffer leur jeune disciple le Jour du sabbath. — Schammal lui-même admettait la violation du sabbath pour ta défense du pays.

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