‹ Les PharisiensChapitre 218 sur 258 · Aboth, ch. m · texte numérisé non relu

Aboth, ch. m

pontife du Dieu vivant. Aussi la nouvelle loi, pour donner aux fidèles le moyen d'accomplir, en toute circonstance, cette solennelle mission, a mis à leur disposition un nombre considérable de pratiques et de formules, destinées à former autour d'eux comme une atmosphère religieuse où tous les actes de leur vie pourraient s'inspirer de Tidée de Dieu, où leur pensée fût sans cosse reportée vers le souvenir et Tadoration du créateur de TUnivers.

On a signalé et plus souvent encore raillé la multitude de rites divers qui semblent faire du Judaïsme une religion formaliste à l'excès^ L'individu semble ne pouvoir faire un mouvement sans se trouver en face de quelque prescription rituélique. Tout y parait matière à quelque devoir religieux. On dirait que 'existence de chaque individu y est soumise, jour par jour, minute par minute, à une réglementation aussi étroite que gênante. En s'é veillant, en s'habillant, en marchant, en mangeant, en se couchant le soir, l'Israélite trouve partout sur ses pas un précepte dont la religion réclame de lui l'observation attentive. Q^^'estce à dire? Le Pharisaïsme a-t-il donc voulu enfermer la vie religieuse dans un cercle de fer et faire du

croyant un automate pieux qui n'ait plus la sponta< néité de sa foi? Pour le prétendre il faudrait effacer rbistoire tout entière du mouvement pharisien. Mais la doctrine elle-même s'empresse de dissiper à cet égard tous les doutes. Cette masse énorme de prescriptions et de pratiques n'est qu'une sorte de compendium moral où l'âme peut puiser^ pour toutes les circonstances de la vie, les saines pensées capables de l'élever vers Dieu; c'est un vaste réservoir où s'alimentent et d'où jaillissent les sources pures du salut . ileureux ceux qui peuvent s'y abreuver sans cesse et accomplir les moindres devoirs de l'apostolat d'Israël; mais, on n'en exige pas tant pour être digne des bienfaits de l'Éternel * .

Souvenons-nous de la déclaration remarquable, où R. Simlaï réduit tous les commandements religieux (les six cent treize préceptes do Moïse) à un seul : ce Avoir la foi '. » Rappelons «nous aussi les libérales paroles d'Yéhoscboua ben Hananiah ^ disant que celui qui travaille prie, qui laboràt or ai, et que, pour celui-là, robservation de deux pratiques religieuses, le matin et le soir, est aussi méritoire que s'il accomplissait la loi tout entière.

1. « Le grand nombre de prescriptions et de lois qui nous soot » imposées, dit la Mischnah [3faccotk^ch, m, 15) n*a d'autre but qne n de multiplier nos titres à la rémunération. Plus on accomplit de » commandements, plus on a de droits aux récoQipenses futures* «

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