Voir plus haut, livre VII, ch. iii, page
Afin que ces principes de tolérance ne pussent être considérés comme des opinions purement personnelles, le traité vraiment dogmatique du Talmud, déclare à son tour : a Qu'il suffit d'accomplir con- » sciencieusement une seule prescription de la loi » pour avoir part aux félicités de la vie éternelle ^ » — a Celui, est'il dit dans un autre passage non moins caractéristique, « celui qui observe avec foi un seul » précepte, est digne d'être inspiré de l'esprit prophé- » tique *. M
Quoi qu'en aient pensé ceux qui ont jugé superficiellement le Pharisaïsme sur les paroles sévères de l'Évangile, il n'a jamais voulu faire de ses disciples des dévots outrés absorbant leur vie entière dans les pratiques extérieures du culte. Le fétichisme de la forme, où la superstition et l'ignorance, lancées sur cette pente, devaient fatalement aboutir^ eût été un autre genre d'idolâtrie non moins redoutable que celle des faux dieux et contre laquelle protestait d'avance la pureté du spiritualisme pharisien. Mais la doctrine ne s'est pas même arrêtée aux déclarations si décisives qu'on vient de lire. Elle ne s'est pas
\. Talmld, synhédrin 111.
2. Talmud, Hagguigah, 9. — Yalkut t>9, b. — U ii*e»t pas bon de propos de remarquer ici que les apôtres chrétiens se montraient bieu plus exigeants. La fameuse épUre de saint Jacques, qui condamne la doctrine de saint Paul d'après laquelle la foi sans les œuvres suffit au salut, dit : « Quiconque viole la loi en un seul point est coupable > comme Tayaut toute violée. » {Épilre catholique de /ac7ii»,cb. n. 10 et suiv.)
LES PHARISIENS. Wô
bornée à diro,avec Yéhoscboua, que le travail équivaut à la pratique du culte, elle a ajouté que i celui qui se » voue à rétude de la loi peut se dispenser d'assister » aux offices religieux ^ , » qui siudet^ orai. Rechercher la vérité, méditer sur les grands principes qui rapprochetit rhomme de Dieu, est, ainsi, considéré comme une œuvre aussi pieuse que de participer aux cérémonies du culte. Ne vant-il pas mieux en effet occuper son esprit à l'étude do ce qui est bon, beau et vrai, qu'occuper ses lèvres à répéter machinalement dos formules liturgiques, sans doute fort touchantes, mais qui ne sont que le vêtement de la religion et n'en sont point rame essentielle?
L'aphorisme que nous venons de citer peut être regardé comme une réponse du vrai Pharisaïsmo à ces Pharisiens hypocrites que Jésus flagellait, de sou câté, avec tant d'autorité et de justice, et qui espéraient conquérir une haute réputation de science et de piété en exagérant devant le public les. pratiques extérieures. La vraie science, la vraie piété, proclamo . le livre de la tradition, ne consistent pas en ces simagrées de pure forme. Le culte que l'on rend à Dieu dans le silence de la méditation, en étudiant tout ce qui peut éclairer, diriger et moraliser les hommes, est bien supérieur aux actes do dévotion plus ou moins calculée auxquels on se livro dans les maisons do prières pour être vu do la foule et lui imposer