JosiPBB, Guerre des Juifs, liv. IV, cb. xvm
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crait ensuite, jetant leurs corps à la voirie pour faire place à d'autres victimes.
Par une monstrueuse ironie, les terroristes voulurent donner à leurs violences une apparence de légalité. Ils créèrent une espèce de Synhédrin de fantaisie et le constituèrent en tribunal révolutionnaire ; mais ce tribunal, ayant acquitté un des personnages les plus honorables de la ville, Zacharie ben Baruch, les Zélateurs irrités assassinèrent cet homme de bien au moment où il sortait de l'audience. Quant aux membres du Synhédrin, ils les chassèrent par toute la ville, en les frappant à coups de plat d'épée. La terreur régnait sans réserve. (Janvier, an 68.)
Ces cadavres des patriciens et des grands prêtres, c'est plus qu'un meurtre: c'est plus qu'un acte de vengeance populaire ; c'est plus que la mort tragique de quelques personnages éminents ; c'est la fin d'une société ; c'est Fanéantissement d'une institution séculaire. Le Sacerdoce juif expire dans l'agonie d'Hanau. Le Sadducéisme tombe pour jamais dans l'assassinat de Zacharie. C'en est fait I La férocité du Zélotismo u tranché, par un coup de force criminelle, la question politique et religieuse qui, depuis quatre siècles, s'agitait en Judée.
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De ce grand mouvement de doctrines et de partis qui remplit, d'une manière si saisissante, toute la période du second temple, il ne restera bientôt plus que le Pbarisalsme, car les Zélateurs vont disparaître à leur tour, après s'être dévorés les uns les autres, dans les décombres de Jérusalem vaincue et incendiée. La garde du Judaïsme, errant désormais dans le monde païen, sans patrie, sans appui, va être ainsi confiée tout entière au parti des docteurs. Qu'en feront-ils ? Comment préserveront-ils la barque fragile d'Israël au sein des flots et des orages ?
Nous l'avons dit : depuis longtemps déjà, ils s'attendaient à la catastrophe finale et leurs projets étaient arrêtés d'avance en prévision de ce sinistre événement. Lorsqu'ils virent la démagogie triomphante, lorsqu'ils comprirent que Jérusalem était irrévocablement perdue, mortellement atteinte par l'anarchie intérieure et trop faible pour résister aux légions de Rome, ils se dirent que l'heure était venue de réaliser leurs desseins secrets et de mettre le Judaïsme à l'abri des éventualités formidables où il pouvait périr. C'est à cette œuvre suprême qu'ils se dévouèrent alors sans réserve.
Dans les convulsions de la guerre civile, on les vit rarement apparaître sur le théâtre des événements. Le président du Synhédrin, Simon, fils de Gamaliel,
qui s'était maladroitement compromis avec le parti de l'action, avait perdu toute influence au sein de
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récole pacifique d'Hillel. Celui qui y occupait alors le premier rang était le plus jeune des anciens disciples du grand docteur de Babylone. Il se nommait Yochanan ben Zakkai et était fortement imbu des doctrines généreuses de son maître. Il fit, mais en vain, les plus nobles efforts dans le sens de la paix; la tradition nous a transmis divers incidents populaires où on le voit adjurer les Zélateurs de ne pas exposer la ville sainte à un inévitable désastre K Malheureusement les conseils de la sagesse n'avaient plus aucun em< pire sur ces foules de forcenés qui, s'ils n'avaient pas fait un pacte avec la victoire, en avaient, malheureusement, fait un avec la mort.
Le respect que le caractère et l'autorité de Yochanan ben Zakkai inspiraient généralement, empêcha ces furieux de porter la main sur lui; mais, voyant bientôt qu'il n'y avait aucun espoir d'en être écouté, il ne songea plus qu'à abandonner une ville manifestement vouée à la ruine.
Tous ceux qui, à Jérusalem, n'étaient pas enrôlés dans le parti des Zélateurs, cherchaient à émigrer. On disait avoir entendu, dans les profondeurs du sanctuaire, des voix mystérieuses s'écrier : « Sortons d'ici ! » sortons d'ici ! * » En effet, pour tous les gens de bon sens et de bonne foi, le seul acte raisonnable était de se séparer de cette tourbe d'énergumènes bien autrement