AKIBA ET SON SYSTEME
Ce fut une grande et influente personnalité que cet Akiba ben Joseph qui devait jouer un rôle si considérable dans le soulèvement provoqué contre les Romains par Bar-Koebébab,. et périr martyr de son dévouement à ce chef d'insurgés en qui il [s'obstina à reconnaître le messie. Sa filiation est entourée de nuages. Divers récits le signalent comme un prosélyte d'origine chananéenne. La tradition le fait même descendre de ce Sisera, général de Jabin, roi de Chanaan, et dans la tête de qui l'héroïque Yahel, femme de Iléber le Kénien, enfonça un clou meurtrier, tandis qu'il dormait chez elle sans défiance ^
Les débuts d' Akiba, malgré cette illustre origine, furent plus que modestes. Il était un des serviteurs de Ralba Schabouah, riche habitant Jérusalem, lequel, •
i. JUGIB, Ch IV, 21.
^vec deux autres de ses concitoyens dont l'opulence égalait la sienne, nourrit, durant quelque temps, la population à l'époque du siège. Pendant qu'il le servait, Akiba fut le héros d'une aventure romanesque. La fille de Kalba Scbabouah, nommée Rachel, s'étant prise d'une tendre passion pour lui, lui promit de l'épouser s'il parvenait à se distinguer dans l'étude de la loi et à se faire un nom parmi les disciples pharisiens. C'était alors, on le sait, un titre à la considération publique et les femmes juives se faisaient surtout honneur en s'unissant à quelque docteur renommé.
Akiba n'avait reçu aucune instruction sérieuse ; il avoue lui-même humblement qu'il était fort ignorant alors et qu'il haïssait cordialement les savants et les docteurs ^ D'ailleurs, il n'était déjà plus jeune et son service dans la maison de son maître se combinait mal avec les devoirs de l'élude, a Mais que ne peut » l'amour sur le cœur des mortels I m Pour obéir à celle qu'il aimait, il se livra au travail avec une ardeur sans égale. Rachel ne l'en aima que davantage; aussi^ son père ayant voulu la marier à un riche préfendant, elle déclara avec énergie qu'elle n'aurait pas d'autre époux qu' Akiba. Kalba Schabouah, irrité, chassa et déshérita sa fille. Rien n^y fit. Elle se maria avec celui qu'elle aimait, préférant la misère auprès de lui à la richesse dans la maison paternelle. Leur détresse