‹ Les PharisiensChapitre 88 sur 258 · Talmud, Ptisiachimy 33, h · texte numérisé non relu

Talmud, Ptisiachimy 33, h

Mi LES PHARISIENS,

n leMiadrasch, la Ualachab et la Agadab ', u c'est-àdire tons les éléments de la loi orale.

Les travaux du célèbre docteur ont passé à la postérité sous le nom de « Nouvelle Miscbnah » (Jéischnah- Â'haronah) ou » Mischnah, de R. Akiba n par opposition à la tradition ancienne qu'on désigno sons le nom de « Mischoah primitive. » {Miscknak-Rischonah.) *

Son système d'exégèse répose sur le même principe qui avait guidé Pbilon dans l'étude philosophique des livres saints. Pour Akiba, comme pour le sage d'Alexandrie ', il n'y a rien, dans le texte biblique, qui soit IndifTérent ni superflu. Ce qui, en des écrits profanes, pourcait être considéré comme un pléonasme, un mode de syntaxe, une Qgure de rhétorique ou une phraséologie banale, a, au contraire, dans l'Écriture sacrée, une valeur exceptionnelle. Aucun mot ne doit être négligé; tous ont leur sens et leur but. Le législateur, inspiré de Dieu, ne les a employés que pour indiquer aux sages de tous les temps sa véritable pensée elles guider dans la recherche de la vérité.

Tous ceux qui connaisseatle style hébraïque, sire-

1. Sifre'tur Ekeb — Jériual. Sehekalim, V, I. — Oa verrt plus loin que cat diveneg expreuioni se rapportenl aux classiBcftUoos eiMDUellee de la loi orale.

2. Les Pères de l'Ëgliw ont coDiteU eux-méoiu rimportance de l'œuvre d' Akiba. ■ Il y a chez les Juifs, dit Epiphaue (Bxrettt, i, « 2, 9,) quatre £iuïipu«L;i le DeuléroDome; celle des Hasmou^os; " ceTle âe R. Akiba; eella de Juda-ha-Nasii. •

i. ?u\ijbv. De pioj^gii.

LES PHARISIEiNS. 185

marqnable et si original par le luxe des répétitions, des ornements accessoires et des formules pittoresques ou bizarres dont la riche imagination des écrivains sémitiques entoure le fond de l'idée, peuvent aisément comprendre ce qu'un esprit ingénieux , s'il interprète chaque vocable, est capable d'en faire sortir de déductions nouvelles et imprévues.

Uillel n'avait posé que des règles logiques, au moyen desquelles on pouvait, par le raisonnement et la comparaison des textes, justifier la plupart des innovations de la loi orale ; Akiba, suivant la voie ouverte par l'École juive d'Alexandrie, imitant, à son point de vue, la méthode d'Aristobule et de Philon, porta le scalpel dans les mots eux-mêmes. Il les disséqua^ il les fouilla profondément, il les commenta avec une audace inouïe. Seulement, au lieu de les faire servir, comme les philosophes alexandrins, à la démonstration des hautes conceptions de psychologie et de théodicée, il les plia, de gré ou de force, à la justification de toutes les doctrines fondamentales de la réforme pharisienne '. Par son système, il donna au

1. Citons, par exemple, ce mot de TEcriture : « Tu seras heureux •» et tu vivras longtemps » (Deutbbon. V, 16-30.) Pour Akiba c'est la démonstration de la double rémunération temporelle et étemelle. (Tauiud, Kiddouêchin,Z9,) — o Cette ftme sera retranchée,oui,retran- » chéel » (NoMBiEs, xv, 31.) Cela veut dire elle sera retranchée en ce monde et dans Tautre. (Tàlmdd, Synhedrin^ 90.) N*est-il pas singulier de voir TÉcole pharisienne, sous Tinfluence d*Akiba«se rattacher ainsi h la méthode de Philon, au moment même où racole chré-

Pbarisaïsme une base légale plus solide et plus large que ne l'avaient fait Hillel et même Nachum de Guimzou, ses prédécesseurs.

Cette innovation ne triompha pas cependant sans de très vives résistances. José le Galiléen, Éliézer ben Azariah, Tarphon et surtout Ismaêl ben Ëlissa, en furent les adversaires obstinés. — « Tu auras beau, » disaient les deux premiers à Âkiba, interpréter le » Pentateuque toute la journée, tu ne parviendras pas w à y rien ajouter ni à rien en retrancher ^ » — o Jus- » ques à quand, ajoutait Tarphon, nous fatigueras-tu » avec tes combinaisons de textes? C'est réellement » insupportable '. » — Et, comme un spectateur passionné par la vue d'une lutte acharnée, il applaudissait, en ces termes empruntés à la vision de Daniel \ aux coups que José le Galiléen portait à Akiba : « Je » vis le Bélier qui se ruait contre l'Orient, le Nord et » le Midi. Aucun animal ne peut lui résister. — Ce

tienne, sons Tinspinition de cet autre Pharisien qui s'est nommé saint Paul, faisait de la doctrine du philosophe d'Alexandrie la base de la nouvelle religion?

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