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3. Aboth, ibid. § 23. — Cette belle parabole est due à Akiba, un des plus grands docteurs pharisiens.
saient une autorité si absolue. On est allé jusqu'à insinuer qu'ils poussaient cette doctrine athée jusqu'au naturalisme et « qu'il n'est pas impossible qu'ils aient » adresséleur culte à un Dieu matériel *. » S'ils avaient, en effet, professé une croyance aussi contraire à toutes les inspirations du Judaïsme, leurs adversaires s'en seraient fait un grief formidable contre eux, tandis qu'on ne trouve nulle part, dans les écrits traditionnels, une seule allusion de nature à rendre une telle accusation vraisemblable.
Mais tout devient clair et intelligible si, delt^ philosophie abstraite, on replace la question sûr le terrain politique pour la résoudre à la lumière de l'histoire de ce temps.
Nous avons vu, en effet, les Hassidim, conyaincus tout à la fois de la faiblesse d'Israël et de la bienveillance de Dieu pour son peuple, prêcher hautement, pendant l'insurrection des Macchabées, qu'on devait tout attendre de la Providence et avoir une foi entière en son secours. Pour mériter la grâce divine, il fallait surtout observer inviolablement les préceptes religieux, car Dieu refuserait, sans doute, son appui à ceux qui transgresseraient ses lois, tandis qu'il déli-,
vrerait miraculeusement ceux qui lui resteraient fidè-
1. L'émjnent esprit de M. Franck lui-même n'a pas échappé à ce dpute; [Études orientales y 1 vol. in-8o, 1862.) Il est vrai que le savant écrivain n'en parle que comme un écho des hypothèses formulées par certains critiques.
les. C'est dans cette pensée qu'ils répugnaient aussi à toute alliance étrangère de nature à corrompre la foi d'Israël, affirmant que le peuple élu n'avait pas besoin de ces concours païens pour vaincre ses ennemis et que Dieu, qui l'avait sauvé vingt fois de plus grands périls, renouvellerait encore ces miracles si on n'irritait pas sa justice par des défaillances coupables. Ce n'est pas à dire cependant qu'on dut rester impassible et inactif; loin de là, il importait de s'organiser et d'agir vigoureusement pour secouer le joug de l'oppression; mais, dans cette lutte inégale, la Judée devait compter beaucoup plus sur la Providence que sur les secours humains. Chaque succès, chaque défaite, dépendaient de Dieu seul, maître suprême du sort des combats.' Seulement, suivant qu'Israël ferait bien ou mal, l'Éternel l'aiderait ou l'abandonnerait.
Telle n'était pas la politique des Sadducéens. Cette attente perpétuelle d'un miracle leur paraissait puérile et dangereuse. Regarder Dieu comme le chef supérieur des armées, lui laisser, en quelque sorte, la conduite des choses sur le champ de bataille et le règlement des rapports diplomatiques avec les étrangers, était, aux yeux de ces hommes d'État si pratiques, une théorie aussi absurde qu'imprévoyante. Ils exigeaient, avant tout, dans la direction des affaires politiques, un énergique emploi de l'activité humaine, ne niant pas, sans doute, l'action possible de la Pro-
vidence, mais n'en faisant jamais l'élément essentiel de leurs combinaisons.
Voilà en quel sens et sur quel terrain les deux doctrines se combattaient. Ainsi interprété, tout ce que dit Josèphe s'applique avec vérité à la situation respective des deux partis. On comprend alors ce que cet historien dit des Pharisiens « qulls rapportaient tout » à Dieu et à sa providence, tout en admettant qu'il » dépend néanmoins de nous, dans la plupart des » choses, de bien ou de mal faire, et que la providence » peut beaucoup nous y aider ^ » On comprend aussi pourquoi il affirme également « que les Sadducéens » nient le pouvoir de la Providence et soutiennent que )) toutes nos actions dépendent si absolument de nous, » que nous sommes les seuls auteurs de tous les biens » et de tous les maux qui nous arrivent, selon que » nous suivons un bon ou mauvais conseil ^. »
Toutes ces appréciations sont vraies si on les considère comme le programme de l'un et de l'autre de ces partis puissants, pour l'administration des intérêts publics; elles sont complètement inexactes si on les applique à Jeurs doctrines religieuses et philosophiques.
La lutte du Pharisaïsme contre le Sadducéisme et lés conflits d'opinion auxquels elle donna lieu, ne s'expliquent bien que si on ne les sépare pas du mi-
1, Guêtre des Juifs, liv. Il, ch. xii,