Antiquités, lly. XïlI^ch. ïx
lieu politique et social dans lequel ils se «sont produits. Tels nous venons de les définir au début, tels nous les verrons dans la suite. Les questions, en apparence métaphysiques, juridiques ou dogmatiques^ qui se débattront successivement, ne seront que la forme singulière donnée à une lutte acharnée de prédominance ; toutes d'ailleurs se rattacheront à quelque événement important pariequel l'antagonisme des deux partis s'est caractérisé et s'est envenimé de jour en jour. ,
La guerre contre le sacerdoce était engagée parallèlement à celle contre le Sadducéisme. Elle n'était ni moins vive ni moins passionnée.
Le Pharisaïsme avait attaqué de front les privilèges de l'autel avec la même résolution qu'il avait attaqué les privilèges de la naissance. Le second livre des Macchabées formule le programme | révolutionnaire contre le pontificat en termes aussi précis qu'il le fait contre l'aristocratie.
On se rappelle le passage expressif où il déclare que le triomphe de rinsiirrection avait rendu au peuple la plénitude de la souveraineté; mais il ne se borne pas à dire que la nation avait reconquis, suivant ses expressions originales, « l'héritage et la
» royauté; » il ajoute que « le pontificat et la saiictifi- » cation » lui appartenaient désormais âans réserve * . C'était l'éclatante consécration du principe que Moïse avait posé lui-même sans pouvoir l'appliquer encore, et d'après lequel Israël tout entier était « un royaume » sacerdotal ^)) Un peu plus loin, l'écrivain pharisien émet une doctrine bien autrement hardie, en parlant du temple de Jérusalem. « Ce n'est pas, dit-il, à cause » du lieu, que Dieu a choisi le peuple, mais c'est à » cause du peuple qu'il a choisi le lieu '. »
Cette double affirmation est la condamnation solennelle du droit héréditaire de la race d'Aaron et de l'organisation centralisatrice du culte officiel. Le peuple est désormais le seul pontife légitime; le vrai foyer de la vie religieuse n'est plus nécessairement sur la montagne de Sion, mais partout où se trouvera fixée ou répandue la communauté de Jacob. On verra plus tard l'application que le Pharisaïsme a faite de cette maxime et avec quelle résignation il a abandonné le sanctuaire de Jérusalem, certain que l'avenir du peuple élu n'y était pas indissolublement attaché et qu'Israël n^en avait pas besoin pour l'accomplissement dé ses destinées.
Mais la proclamation de ces principes si caractéristiques au moment même où triompha le mouvement