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juridiction de nature à les confirmer ou à les réfuter, jusqu'à la décision supérieure et définitive du grand Synhédrin. Il y avait, évidemment, dans ce système, des garanties très-sérieuses au double point de vue de la liberté de discussion et de Tapplication de la loi.
C'est surtout dans les synagogues que le Pharisaïsme exerçait le plus librement son influence. La Synagogue a été, bien plus que le Synhédrin, la véritable tribune des docteurs. Dans les délibérations synhédriales ils étaient nécessairement un peu gênés parles contradictions et par l'opposition de leurs puissants adversaires, tandis que, dans la Synagogue, n'ayant pas de contradicteurs et régnant sans partage, ils pouvaient faire pénétrer l'esprit delà réforme parmi la foule qui se pressait pour les entendre. Aussi, multiplier les Synagogues fut une de leurs principales préoccupations. C'était d'ailleurs un moyen infaillible de décentraliser de plus en plus le culte et d'affaiblir le pouvoir sacerdotal en l'isolant du peuple et en le laissant seul avec ses alliés aristocratiques. . li n'est pas douteux que, sous les premiers Hasmonéens, il s'établit à Jérusalem et dans toute la Judée un grand nombre de synagogues où se célébrait chaque jour le service réformé, selon la liturgie adoptée au
temps d^Ezra. On les appelait « maisons de prières » Beth'ha-téphilah , « maisons de réunion » Beth-ha- Kénesseth, ou « convocations saintes » Moadé-El. » Il y avait trois offices par jour, celui du matin {Scha'hérith) ; celui de l'après-midi, {Min'hah) et celui du ^o\v {Arbith) '. Le lundi et le jeudi, second et cinquième jours de la semaine, qui étaient les jours de marché et d'audience judiciaire et où une grande foule affluait des environs, on ajoutait à l'office du matin la lecture d'un chapitre du Pentateuque ^..
Du reste la réforme avait envahi, de gré ou de force, le sanctuaire pontifical lui-même. Sans qu'il soit possible de hien préciser à quelle date et dans quelles circonstances l'innovation a eulieu, il est incontestable que, depuis un certain temps, peut-être même dès l'époque du grand Synode, il se faisait au temple un service particulier, essentiellement spiritualiste, à peu près semblable à l'office du matin des synagogues. Ce service se célébrait dans la salle où se tenaient, quelques heures plus tard, les séances du Synhédrin^ {Lischat-ha-Gazùh.) k^res le sacrifice du matin, un prêtre venait, chaque jour, dans cette salle prier devant le
1. Talmud, Méguillah. 2, a.— L'habitude de prier trois fois par jour est probablement une de ces coutumes des Scribes qui ont formé un des éléments de la tradition. Le prophète Daniel l'observait, ce qui tend à prouver qu'elle était générale parmi les Juifs de Babylonie, durant la captivité. (Daniel, ch. vi, 10.)
2. Grjetz, Geschichie der Juden, i. III, p. 97. — La Synagogue moderne a conservé toutes ces traditions.
peuple et avec lui. Cette prière était simple et^rvente. Elle était mêlée de la lecture de quelques passages du livre de la loi; elle contenait, entre autres, la récitation du Schéma, profession de foi du monothéisme, et de VÂk'nou, profession de foi des espérances mesfiianigues. Ensuite onbrûlaitles parfums sur Tautel d'or, aux sons de l'instrument de musique nommé Macjréfah. Le héraut {Kérus), introduisait [les jeunes lévites qui chantaient en chœur des psaumes en s'accompagnant sur les harpes, les cithares et les cymbales, tandis que l'officiant faisait la bénédiction sur le vin (Kiddousch), en en répandant sur l'autel. Entre chaque psaume, il y avait une pause pendant laquelle deux prêtres sonnaient de la trompe sacrée^ et le peuple assistant se prosternait, en adoration '.
On assure qu'il est impossible de se faire une idée du caractère émouvant et grandiosement religieux de cette belle et simple cérémonie. Elle produisait, dit-on, une impression profonde sur l'esprit des païens qui visitaient souvent le temple ^ Elle a dû amener plus d'un prosélyte au Judaïsme ; mais son établissement fut certainement une victoire de la réforme sur l'ancien culte. La maison du Seigneur redevenait ainsi, au moins pour quelques instants, un sanctuaire d'ado-
1. Voir' sur ces cérémonies Mischnah, traité de Tamid, ch. iv, v et VII et Talmud, Bérachoth, 11, b. — Les psaumes qui y étaient chantés paraissent avoir été fixés à cette époque. (Sotâ. 48, a,)