Gkmtz, ibid. t. IV, p
ration pure, au lieu d'être exclusivement, comme autrefois, un véritable abattoir de victimes.
Il est probable que l'aristocratie sadducéenne fréquentait peu ce service matinal, mais le peuple s'y pressait en foule parce qu'il répondait aux instincts les plus pieux de son âme. ,
Néanmoins, lorsque le Pharisaïsme, à l'époque des Macchabées, ouvrit partout des synagogues où les masses trouvaient si largement la satisfaction de tous leurs sentiments religieux, le service du matin, au temple, fut sans doute un peu négligé, les fidèles allant de préférence où se faisait entendre la parole des docteurs.
En effet, dans les oratoires particuliers, on ne se contentait pas d'adresser des prières à l'Éternel, on y adressait à la foule attentive des discours où l'enseignement pharisien se formulait sans réserve. La prédication, qui était en germe dans le Tav^oum, ou explication paraphrasée de la Bible en langue vulgaire, en usage depuis le temps d'Ezra, prit une grande extension à l'époque des Hasmonéens. On prêchait un peu partout, même en plein air, et en particulier devant la maison du Nassi, {r\'i(^x2:ï m NnniDt^ u?n) où il y avait grande affluénce les jours de repos et de fêtes. On a vu que les membres les plus distingués du Synhédrin se faisaient honneur d'aller eux-mêmes haranguer le peuple pour lui parler de ses grands devoirs religieux ou lui apprendre les principes les plus essentiels de
ranciemae et de la nouvelle loi. On était très-avide en Judée d!assister à ces sermons et d'entendre les orateurs sacrés aimés du public. « Il y a foule partout où » l'on prêche, » disait un dicton populaire'. L'usage de la prédication était d'ailleurs une de ces traditions respectées que l'on faisait remonter à Moïse ^. On permettait même, pour s'y rendre, de franchir la distance de la zone légale qu'il était interdit de dépasser le jour du sabbath ^ C'était, naturellement, un des moyens les plus efficaces employés par le Pharisaïsme pour répandre ses doctrines et combattre ses adversaires. Le développement que prit alors le service synagOgal en dehors du temple, fut, en effet, l'arme la plus puissante et la plus sûre du parti pharisien contre le sacerdoce. En détournant le peuple des sacrifices, il diminuait considérablement le riche casuel des ministres de l'autel ; il appauvrissait le clergé juif et même il l'affamait, car, en Judée, plus que partout ailleurs, le prêtre vivait de l'autel, se nourrissant, lui et sa famille, de la chair des victimes. D'autre part, il faisait le vide autour du pontificat en habituant les fidèles à ne pas considérer la montagne de Sion comme l'unique sanctuaire, ni le descendant d'Aaron comme le seul ministre du Dieu vivant. ■ ■•'•'La Synagogue frappait ainsi le pouvoir sacerdotal