Gr/etz, Geschichte der Juden, t. III
L'enseignement moral de la Synagogue se complétait brillamment, dans le système pharisien, par l'enseignement de l'école. Nous aurons bientôt occasion de signaler le développement considérable que prit, sous un des successeurs d'Hyrcan, dévoué au Pharisaïsme, l'instruction publique en Judée. Bornonsnous à dire, en ce moment,, que les Pharisiens ne voulurent pas seulement faire d'Israël un peuple moral et pieux; ils voulurent surtout qu'il fut intelligent. Pour eux la foi ne fut jamais un instrument de domination absolue, soumettant toutes les âmes à une obéissance passive. L'homme, dans lieurs idées, devait comprendre ' ce qu'il faisait, et la pratique religieuse gui ne s'éclairait point par la raison et la science, leur paraissait une œuvre morte. « Un ignorant, dit « le livre de leur doctrine^ ne peut être véritablement » pieux ^ » Le code du Pharisaïsme résume les droits supérieurs de la raison en ces termes originaux : « Le matin il faut rendre hommage à la vérité, » et le soir, à la foi ; » ce qui signifie que la foi ne doit être que la conséquence de la vérité reconnue ^
1. La[traditioii remarque à ce sujet que, dans la proclamation même du dogme de l'Unité de Dieu, la Bible ne dit pas : « Crois Israël » mais « Écoute Israël » parole qu'elle traduit en ces termes remarquables : « Comprends Israël. » (Talmud, Bérachoth, 13. — Weill, le Judaïsme, ses dogmes et sa mission, introduction générale, p. 17.)