Geschichte der Juden, t. III, p
à ses successeurs une situation grosse de tempêtes. Le fils de Simon né vécut pas assez, après ces événements, pour qu'ils eussent pu produire encore toutes leurs conséquences. L'année suivante (106 ans avant Jésus-Christ), il mourut laissant cinq fils, dont les luttes fratricides, les compétitions et les intrigues, introduisant de nouveau en Judée les mœurs corrompues des cours asiatiques, détruisirent, parmi le peuple, les derniers restes de respect et de reconnaissance que le souvenir des services rendus à la causé nationale par les Macchabées pouvait encore y faire vivre.
La famille des Hasmonéens glissa, en effet, rapidement sur la pente où avait roulé la famille des Tsadokites. Le coup d'État accompli par Hyrcan contre les Pharisiens, ne fut certainement que la résultante des causes secrètes ou ostensibles qui poussaient la nouvelle dynastie vers le Sadducéisme. Cette brusque rupture avec un parti aussi populaire ne s'expliquerait pas si on n'y voyait d'autre motif qu'une, susceptibilité personnelle. Depuis longtemps, le feu devait couver sous la cendre. Les Sadducéens, revenus au pouvoir, de nouveau tout-puissants à la cour, avaient sans doute travaillé, avec leur diplomatie habituelle, à discréditer et à perdre dans l'esprit du prince les
chefs du Pliarisaïsme. Hyrcan n'attendait probablement qu'une occasion pour se séparer de ce parti. Dès qu'elle se présenta, il la saisit avec empressement.
Quoi qu'il en soit, les Sadducéens reconquirent aussitôt leur ancienne influence et le premier acte par lequel elle se manifesta fut la réhabilitation de
l'Hellénisme.
Le nom même sous lequel le successeur d'Hyrcan est connu dans l'histoire, atteste cette situation. Il se nommait Juda et était le fils aîné d'Hyrcan ; mais il prit le pouvoir sous le nom grec d'Aristobule et ses contemporains lui ont donné le surnom caractéristique de « Philhellène'. »
Avec ce prince, qui ne gouverna qu'un an à peine, se renouvelèrent, plus exécrables que jamais, les complots de palais, les crimes domestiques qui avaient déshonoré l'ancien pontificat.
En mourant, Hyrcan avait remis le gouvernement politique à sa femme et investi simplement Juda Aristobule de la dignité de grand prêtre. Il laissait, en même temps, quatre autres fils. L'ambition d'Aristobule ne pouvait se contenter de ce partage. Il s'empara violemment du pouvoir politique, mit sa mère dans un cachot où, d'après Josèphe, il poussa la barbarie jusqu'à la laisser mourir de faim, et fit enfermer trois de ses frères dans une forteresse. Le quatrième, nommé