Josèphe, Antiq., liv.. XIII, ch. xix
Aiitigone, pour qui il affectait une grande tendresse, fut d'abord associe par lui à la puissance souveraine ; mais, bientôt, l'ayant soupçonné de desseins ambitieux parce que, revenant d'une guerre heureuse, il s'était présentéau temple, lors de la fête des Cabanes, avec un brillant appareil militaire, il le fit assassiner dans un corridor obscur de la tour de Straton '.
Des faits aussi monstrueux devaient nécessairement exciter l'indignation générale contre les princes qui en étaient coupables et contre les Sadducéens qui en étaient complices, tandis qu'ils redoublaient au contraire la popularité des Pharisiens. Il semblait, en effet, qu'on n'avait écarté ces derniers du gouvernement que pour se livrer à tous les excès, sans être gêné par leur contrôle intègre et par leurs austères réclamations.
Ce ne fut pas tout. Non content du titre de Nassi et de grand prêtre qui avait suffi à ses devanciers, Aristobule proclama la royauté et mit hardiment la couronne de David sur sa tête ^.
Rien ne pouvait le séparer plus complètement du parti pharisien et du peuple.
Les masses, en Judée comme partout, préféraient
1. Il y a des historiens, notamment GRiCTz (Geschichte der Juden, t. III, p. 104), qui pensent qu'il y a beaucoup d'exagération dans ces récits ; mais Josèphe les affirme positivement et ils sont trop conformes aux mœurs de ce temps, pour qu'il soit permis d'en douter.