JosÈPHE, ibid., ch. xx
A. ce crime, Alexandre Yanaï joignit, dès son avéne-' ment au trône, une grave infraction religieuse. 11 épousa S^mé, la veuve de son frère. Ce fut^ sans doute, un acte de reconnaissance pour la liberté qu'elle lui avait rendue ; mais c'était une violation de la loi qui interdisait aux grands prêtres de s'unir avec une veuve ^ Il est vrai que, d'après le principe du Lévirat, Aristobule étant mort sans enfants, son frère était tenu d'épouser sa veuve « pour relever le nom de son frère, » en Israël ^; » mais, ici, les exigences de la pureté lévitique dominaient les règles du droit civil. Cette alliance illégale donna un nouveau prétexte et une nouvelle force à l'opposition des Pharisiens.
Cependant les premières années du règne d'Alexandre Yanaï ne furent pas marquées par de graves conflits entre ces derniers et leurs adversaires. Les docteurs s'étaient réfugiés dans l'enseignement des écoles et des synagogues. Ils avaient abandonné, sans partage, aux S adducéens triomphants la direction du Synhédrin et des affaires publiques, attendant, avec patience et résignation, le moment de venger leur défaite. Le roi lui-même, bien que livré tout entier à l'influence sadducéenne, laissa vivre d'abord assez paisiblement le parti opposé.
Cette sorte de trêve fut due à l'action bienfaisante de la reine Salomé sur l'esprit de son mari. Comme