‹ Les Pharisiens [microform]Chapitre 133 sur 500 · Deutéronome, ch. xxv, 5 et suiv · texte numérisé non relu

Deutéronome, ch. xxv, 5 et suiv

la plupart des femmes de ce siècle, Salomè était sincèrement attachée au Pharisaïsme. Par leur piété, par leur morale, par Téclat et l'attrait de leur enseignement , par leur influence même dans rintérie.ur des familles, les Pharisiens avaient conquis de vives sympathies parmi les femmes d'Israël. Le culte si éminemment spiritualiste dont ils étaient les apôtres, religion du foyer où la mère était, elle aussi, appelée à exercer une sorte de sacerdoce intime, répondait à tontes les tendresses du cœur et à tous les élans de l'imagination. Les Pharisiens connaissaient trop le rôle considérable que la femme joue dans la vie privée et dans la vie publique, dans la maison et dans la société, pour négliger d'en faire ralliée de leur propagande et l'auxiliaire de leurs desseins. A toute époque on trouve, en effet, les femmes juives fermement dévouées au parti des docteurs. Quand le prosélytisme pharisien fit, au sein du monde polythéiste, l'effort trèsénergique que nous aurons bientôt à apprécier, c'est également parmi les femmes païennes qu'il trouva sa plus grande force d'impulsion.

Salomé plaida donc chaudement la cause des Pharisiens auprès de Yanaï, et le roi, s'il continua à vivre séparé d'eux, comme Aristobule et Hyrcan, ne chercha pas du moins à les inquiéter dans leurs doctrines ni dans leurs travaux.

Cette tolérance avait une cause encore plus personnelle. Le frère de la reine Salomé était un des plus

illustres docteurs de ce temps. On le nommait Simon ben Schétach. Il avait, naturellement, beaucoup d'empire sur l'esprit de sa sœur. Grâce à elle il parvenait à atténuer les dispositions peu favorables d'Alexandre Yanaï envers les Pharisiens ou du moins à écarter les périls qui pouvaient menacer ses amis.

Alexandre fut, au reste, trop occupé d'abord .par la politique étrangère, pour donner beaucoup d'attention aux affaires intérieures du royaume et aux discussions des partis adverses. 11 s'engagea dans des guerres de conquêtes, ayant pour objet l'exécution d'un plan d'ensemble inauguré par Jonathan lui-même, poursuivi par Simon, Hyrcan et Aristobule et destiné à élargir les frontières de la Judée de façon à la mieux défendre contre les attaques extérieures et à eii faire la route libre et sûre du commerce de la Méditerranée à l'Euphrate et de la Perse à l'Egypte *.

Iln'est pas inutile de marquer ici que Yanaï, comme l'avait déjà fait Hyrcan ^, composait ses armées, en grande partie, de troupes mercenaires recrutées principalement en Pisidie et en Gilicie \ L'exemple de Juda Macchabée, si malheureusement abandonné par ses soldats, lorsqu^il eut contre lui les anciens Hassidim,

1. Sur ce plan très-remarquable, évidemment dû à une inspiration sadducéenne, -voir d'intéressantes explications dans Grmiz, Geschkhie der Juden, t. III, p. 104.

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