‹ Les Pharisiens [microform]Chapitre 144 sur 500 · Exode, ch. xxx, 11 et s · texte numérisé non relu

Exode, ch. xxx, 11 et s

nés, transforma en règle fixe ce qui n*était jusque-là qu'un usage dépendant de la volonté de chacun. Mais le but réel de cette mesure financière ne fut pas seulement de [subvenir aux dépenses du sacrifice journalier. Sous cette forme d'apparence purement religieuse, la majorité pharisienne constitua une grande réserve métallique, qui pouvait être, dans une foule d'éventualités, une ressource précieuse. La perception en fut organisée aussi bien dans toute l'étendue du territoire national que chez les colonies établies à l'étranger \

1 . On faisait trois collectes par an, une à l'intérieur, .deux à l'étranger. En Judée la perception avait lieu le 15 du mois d'adar, (février.) Dès le 1er du mois, des hérauts en annonçaient publiquement la date en avertissant les contribuables de se préparer au paiement. Cette collecte durait huit jours. Les percepteurs avaient droit de contrainte et pouvaient faire saisir les retardataires. (Schekalim, ubisupra.) En tout cas, ceux qui, dans cet intervalle, n'avaient pas acquitté le taxe, devaient envoyer leur tribut au trésorier du temple à leurs risques et périls.

La seconde collecte avait lieu dans les pays au delà du Jourdain, l'Egypte, là Syrie, la Babylonie, la Médie et l'Asie Mineure. Pour ces trois dernières, elle se faisait avant la fête des Cabanes ; pour les autres contrées, le premier jour de cette fête (15 Tischri, octobre.) (Talmud, Schekalim, 6. b.) — Les Juifs de la Mésopotamie et de la Babylonie avaient établi deux recettes centrales (chambres du trésor) à Nisibis et à Néhardée. Ceux de l'Asie Mineure avaient imité cet exemple à Apam'ée et Laodicée en Phrygie, à Pergame et à Andramythium dans la province d'Aéolis. (Gicero, omi. pro Flacco. ch. xsvm, § 68.) Les sommes ainsi recueillies étaient ensuite envoyées à Jérusalem sous forte escorte, à cause des voleurs qui infestaient alors ces contrées et détroussaient les caravanes. (Josèphe, Antiq., liv. XVIII, ch. ix.)

La troisième collecte s'étendait enfin à tous les autres pays où les Juifs s'étaient répandus; mais, par suite de l'éloignement et de la dif-

Ce vaste système de contributions publiques, pour l'application duquel le gouvernement juif obtint des puissances étrangères un appui officiel ', produisait, comme tout impôt qui pèse sur la population entière, des sommes très-importantes ^ Aussi le trésor arrivat-ii bientôt aune grande richesse. Il n'est pas étonnant, cotnnte l'affirme Josèphe , qu'il ait excité souvent, parmi les ennemis delà Judée, d'ardentes convoitises et que le désir de s'en emparer ait été la cause secrète de plus d'une invasion^.

Le trésor du temple ne fut pas uniquement cônsa-

ficulté des voyages inaritimes, il n'y avait pas, pour celle-là, d'époque précise. Dans chaque communauté on recueillait le tribut, puis on l'envoyait quand on pouvait et comme on pouvait. Il était permis, en ce cas, de se libérer en toute espèce de monnaies du pays où le versement avait lieu. [Tosifta Schehalim, 2.) Les communautés lointaines, quand elles envoyaient leurs contributions, entouraient cet envoi d'un certain appareil solennel. La mission de les porter était confiée à des personnages considérables que Philon désigne sous le nom de Yéropompes(Ispo'iîotJ.T:oi.), messagers sacrés. (Philo, De virtvr' tibus.) Voir sur ce sujet les très-intéressantes recherches de Grsetz, Geschichte der Juden, t. IIL

1. Josèphe rapporte plusieurs édits de César, d'Agrippa, de C. Norbanus Flaccus, de Jules Antoine etc., qui prescrivent aux gouverneurs des provinces de veiller à ce que les Juifs puissent envoyer sûrement à Jérusalem, « l'argent sacré » qu'ils destinent au service de leur Dieu, punissant de la peine des sacrilèges ceux qui le déroberaient. {Ant, liv. XVI, ch. xx.)

2. L'or de chaque collecte remplissait, dit-on, plus de trois immenses cuves qu'on avait creusées dans les souterrains du temple. {Schelialim, 6, a.)

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