XX INTRODUCTION
moralité. Il n'y a pas de hiérarchie ecclésiastique. Chaque pasteur, dans sa circonscription, jouit d'une indépendance, absolue. Nul autre, n'a, vis-à-vis de lui, pouvoir de censure ni d'interdiction. Il n'est responsable que devant l'opinion publique, devant sa conscience et devant Dieu.
Le culte pharisien n'a d'ailleurs plus rien qui ressemblé à l'ancien culte mosaïque. Le spiritualisme de la prière et de l'adoration y remplace le matérialisme des oblations et des sacrifices sanglants. Le culte d'amour s'y élève, sans partage, sur les ruines du culte des holocaustes.
Par une conséquence naturelle, la centralisation religieuse poussée à l'excès dans le système national et sacerdotal du Mosaïsme, est brisée. Une décentralisation d'une grandeur et d'une originalité incroyables est instituée à sa place. Le Pharisaïsme a créé, avec une hardiesse inattendue, la commune religieuse, le municipe sacré qui, possédant une autonomie illimitée, s'administre à son gré et suit ses coutumes locales, sans que personne puisse y contredire.
Conséquents, dans l'ordre civil, avec leurs doctrines dans l'ordre religieux, les Pharisiens se sont faits constamment les défenseurs des idées et des institutions libérales. Dès qu'ils ont été au pouvoir, mettant leurs théories en pratique, ils ont organisé, dans