Josèphe, Antiq., liv. XV, ch. xiii
amende qui fut payée, pour eux,,par lafemme de Phéroras, frère d'Hérô de, laquelle, à l'exemple de la plupart des femmes juives, était très-attacliée au Phari^ saïsme. Ceux pour qui elle fit cet important sacrifice, lui prédirent que Dieu enlèverait bientôt la couronne à Hérode et à ses descendants, pour la donner à Phéroras et à ses, fils. Salomé, sœur d'Hérode , qui, pen^ dant tout le règne de ce prince, a joué un rôle odieux d'espionnage, de dénonciations et de conseils cruels, sut la chose et la ré\éla à son frère. Celiii-ci sévit violemment contre les Pharisiens auteurs de cette pré- , diction ; il les fit mettre à mort et, en même temps, il ordonna à Phéroras de répudier sa femme. Mais, Phéroras déclara énsrgiquement qu'il préférait mourir plutôt que de se séparer d'une épouse qu'il aimait audessus de tout. Hérode l'exila dans sa tétrarchie où il tomba gravement malade et mourut peu de temps après. ' ■ ,
La persécution contre les Pharisiens prenait ainsi ane vivacité qui rappelait le temps douloureux d'Mexandre Yanaï. Aussi la haine du peuple contre l'usurpateur iduméen et contre la monarchie en général croissait avec les rigueurs dont il voyail ses défenseurs les plus vénérés, chaque jour, victimes. Quant aux Pharisiens, les coups dont on les frappait né faisaient qu'enflammer leur enthousiasme. Ils brâvalent les supplices et couraient au-devant des dangers avec ce courage impassible qu'ils ont conimu-
nique, par leur exemple, à la race juive tout entière.
Yers la fin du règne d'Hérode, une nouvelle occasion d'affirmer leurs idées au péril de leur vie, se présenta et les trouva aussi résolus que toujours.
Sur le portail même du temple, le roi avait fait mettre un aigle d'or d'une valeur extraordinaire. Les Juifs dévots considéraient cet ornement comme une image païenne de nature à profaner la sainteté delà maison de Dieu. Deux docteurs très-aimés du peuple et aussi éloquents que savants, Judas, fils de Sariphée, etMathias, fils de Margaloth, excitèrent à tel point, dans leurs écoles, le zèle de leurs disciples, que ceuxci, en plein jour, montèrent sur le portail, en arrachèrent l'aigle, le jetèrent sur la place et le brisèrent en morceaux à coups de hache, en présence . d'une nombreuse multitude, sympathique^ comme toujours, à cet acte d'énergie ^ On. crut à une émeute. Des troupes accoururent. Quarante des disciples de Judas et de Mathias furent arrêtés avec leurs maîtres,. Leur attitude fut stoïque devant le roi et devant les juges qu'il réunit à Jéricho pour les punir. « Nous avons )) vengé, dirent-ils, routrage fait à Dieu et maintenu » la loi dont nous sommes les disciples. Elle nous » vient de Dieu. Elle est supérieure à vos ordonnan- » ces. Nous ne craignons pas la mort qui, au lieu » d'être le châtiment d'un crime, sera la récompense
,1. JosKPiiE, Aniiq.,\lv. XYII, ch. viii.
))• de notre vertu et de notre piété '. » Ces fières paroles n'étaient pas de nature à leur concilier Tindulgence ; ils furent condamnés et brûlés vifs.
Hérpde était gravement malade lorsque cet arrêt fut exécuté. Peu de temps après, il mourut rongé d'ulcères, au milieu d'épouvantables souffrances, dans son palais de Jéricho où il s'était fait transporter. (Février, an 3 av. J.^C.)
Par une de ces inspirations abominables, qui ne pouvait venir qu'à l'esprit d'un tel tyran, quand il se sentit près de sa fm, il rendit un décret enjoignant à tous les principaux de la nation de se rendre auprès de lui sous peine de mort. Puis, lorsqu'ils furent arrivés, il les fit tous enfermer dans l'hippodrome en prescrivant à sa sœur Salomé et à Alexas son mari, de les faire massacrer sans exception aussitôt qu'il, serait mort. Il voulait que, dans le royaume, toutes les familles de distinction fussent en deuil après son trépas, prévoyant avec raison que le pays se réjouirait, loin de s'affliger, en apprenant qu'il n'existait plus.
Heureusement cet ordre barbare ne fut point exécuté. Dès qu'Hérode eut expiré, Salomé fit, au con^ traire, mettre en liberté tous ces prisonniers illustres ; mais ce dernier trait peint le farouche despote et explique avec quels transports de joie le peuple s'en vit débarrassé. La date de sa mort fut consacrée