JosÈPHE, Antiq., il)id
comme une fête religieuse et populaire^ (2 Scliebath),
ainsi qu'on l'avait fait à la mort d'Alexandre Yanaï.
YI
Ces faits montrent éloquemment l'état des esprits. La guerre était définitivement déclarée entre la royauté , plus compromise que soutenue par son alliance avec le sacerdoce et l'aristocratie, et le peuple, fermement appuyé sur le Pharisaïsme avec qui désormais il s'était identifié de façon à ce que rien ne put l'en détacher dans la suite des temps.
Nous trouvons, dans cette situation, une preuve , nouvelle de la vraie portée du mouvement pharisien. Si le Pharisaïsme n'avait pas été, comme nous l'avons vu depuis sa naissance, le parti du progrès et de la liberté, dans l'ordre social et dans l'ordre religieux, il n'aurait pas été combattu, persécuté avec tant d'acharnement par tous les pouvoirs privilégiés, exclusifs et despotiques qui se sont succédé en Judée. Il a subi, pendant plus de deux siècles,à de très-rares exceptions près, la haine de tous ses ennemis triomphants. Mais, comme toutes les révolutions justes et nécessaires, chaque épreuve relevait et chaque défaite apparente le rapprochait du but. La force pouvait dompter ses disciples ; les croix étales bûchers, multi-
plier ses martyrs; mais l'heure n'était pas éloignée où ses éternels adversaires allaient disparaître pour toujours dans un effroyable désastre, lui livrant, sans partage, le gouvernement spirituel du Judaïsme qui était son véritable royaume et sa mission providentielle.,
Ce qui est surtout remarquable, c'est que les époques où il est persécuté sont précisément celles où son influence est plus grande et sa doctrine plus éclatante que jamais. Tandis qu'Hérode opprime et décime les docteurs pharisiens, il en' surgit un parmi eux qui est une des grandes figures de ce siècle et qui imprime à la doctrine pharisienne une direction
et une impulsion décisives. Ge docteur se nommait Hihel.