Talmud, 5dto, 21, a
premières années du règne d'Hérode (36 ans av. J.-C), inconnu, n*ayant aucune relation, possédant de trèsminces ressources et obligé de travailler pour vivre. Le produit^ plus que modeste, de ce travail lui servait pour son entretien et pour la rétribution scolaire qu'Hérode avait imposée \.
Il vécut ainsi quelque temps de privations et d'études assidues où son intelligence naturelle acquit une étendue et une solidité remarquables ; mais, il ne put suivre longtemps les leçons des deux anciens chefs du Synhédrin. Ceux-ci moururent ou cessèrent leur enseignement etleur disciple fut réduit à lui-même pour accroître le trésor de science dont ils lui avaient donné les premiers éléments. Il paraît qu'il se distingua parmi ceux qui parlaient et discutaient dans les synagogues, véritables annexes des écoles. Six ans
' 1. On raconte, à ce sujet, une anecdote qui peint l'ardeur d'Hillel pour l'étude. Un jour, veille du sabbath, au plus fort de l'biver, l'ouvrage lui ayant manqué, il ne put acquitter la rétribution exigée. Ne voulant pas perdre une leçon, il monta sur le toit de la maison où se faisaient les cours, cbose facile dans le système de terrasse des basses maisons juives. Toute la soirée il put entendre, de là, la parole des illustres docteurs; mais, vaincu par la fatigue et par le froid, il s'endormit et passa toute la nuit en plein air recouvert par une épaisse couche de neige. Le matin, Scbémaia et Abtalion, rentrant dans la salle, aperçurent une masse confuse qui, bouchant une fenêtre supérieure, obscurcissait le jour, et découvrirent Hillel presque mort de froid. Ils eurent beaucoup de peine à le rappeler à la vie, disant avec raison « qu'un tel dévouement à la science méritait bien » qu'on transgressât la loi du sabbath. » (Talmud, Yoma, 35, b.) Ils le soignèrent, le réchauffèrent et conservèrent ainsi au Judaïsme un homme qui devait eu être une des gloires.
après son arrivée à Jérusalem, il s'y était déjà fait une
grande et légitime réputation.
Un jour, un cas difficile s'étant présenté devant le Synhédrin, présidé, depuis la destitution de Schémaïa, par un des fils de Bathyra, créature d'Hérode, et les membres de l'assemblée ayant vainement cherché à le résoudre, quelqu'un dit qu'il y avait à Jérusalem même, un jeune docteur, originaire deBabylone,seul capable peut-être de trancher cet important débat. En conséquence il conseilla d'appeler Hillel dans le sein du Synhédrin, pour le consulter.La proposition souleva d'abord plus de railleries que d'adhésions. On disait alors ironiquement : « Que peut-il venir de bon de » Babylone ^ ? » comme on dit plus tard, à l'égard de Jésus : « Que, peut-il venir de bon de Nazareth ^ ? » Néanmoins on essaya. Hillel vint. Pendant une journée entière, devant un public qui reconnut aussitôt en lui un des grands défenseurs des principes pharisiens dans ce qu'ils avaient de plus populaire, il discuta avec ses contradicteurs et finit par remporter un éclatant triomphe, en étayant d'ailleurs ses raisonnements sur Topinion considérable de Schémaïa et d'Abtalion^
Nous dirons plus loin quelle était la nature du point en litige ; il intéressait le privilège même du sacerdoce. Les Sadducéens et les Boëthusiens firent de grands
1. Talmud, Jénisal.. Pessach, VI, 33, a. — Baheli, i&irf. 66, a.