Exode, ch. xii, 3 et s
théologique. Au. fond, il s'agissait, comme toujours, d'affaiblir le sacerdoce en transportant a Tensemble de la communauté un de ses privilèges exclusifs. C'est pour éclairer leurs doutes que les membres du Synhédrin firent appel à la science d'Hillel. Le Talmud, attestant Timportance qu'on attacha, à cette époque, au triomphe du savant docteur de Babylone, a conservé une sorte de procès-verbal de cette discussion ^ où Hillel employa, avec une grande force de raisonnement, la méthode des sept règles qu'il devait bientôt faire prévaloir.
Là ne devait pas s'arrêter l'antagonisme du nouveau Nassi contre le pontificat.
Le législateur hébreu, dans sa préoccupation pour tout ce qui concernait l'hygiène publique, avait conféré aux familles sacerdotales le droit de constater et de décider les cas de pureté et d'impureté, notamment , dans certaines maladies graves telles que la lèpre et autres affections contagieuses ^ Mais, depuis longtemps, l'aristocratie de l'autel avait négligé, comme peu dignes d'elle, les études spéciales nécessaires pour cette mission. Hillel prit une mesure radicale. Il substitua le médecin instruit au prêtre inexpérimenté, ou plutôt, ne pouvant abolir la règle légale, il
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i. Tonifia Synhédrin, ch. vu.
2. LÉviTiQUE, ch. XIII et xiv. — On connaissait éfele législateur caractérise à ta fois lalèpredes hommes et celle des'maisons.
la tourna en adjoignant le savant pratique au pontife ignorant. Dans ce système, celui-ci n'était plus qu'une sorte de machine inconsciente, prononçant officiellement la décision que l'homme de l'art lui dictait. Le malin docteur faisait plus^ en cette circonstance, qiie d'enlever une prérogative au sacerdoce, il lui faisait jouer en public un rôle ridicule qui abaissait à la fois, devant le peuple, le caractère et la dignité des ministres de l'autel. Et le but fut atteint, car la tradition, raillant l'attitude et la mission subordonnée du fonctionnaire du culte, en parle irrévérencieusement en ces termes : « On lui dit : « prononce pw » et il pro- » nonce pur; prononce impur, et il prononce impur ^ . » Ne semble-t-il pas d'ici voir cet infortuné grand prêtre subir docilement l'impulsion mécanique que le médecin pharisien donne à ses mouvements et à ses paroles?
Ce qu'Hillel avait fait adopter pour le sacrifice de l'agneau pascal le jour du sabbath, il le fit adopter également pour les grandes fêtes lors desquelles avait lieu le pèlerinage de Jérusalem. Elles avaient, en effet, d'après lui la même importance que celle de la Pâque. Il fit aussi admettre une opinion absolument contraire à celle des Boëthusiens pour la fixation du jour où devait être célébrée la fête des semaines [Schébouoth, Pentecôte^).