JôJc?., liv. XX, ch. IX
périaux. Son administration particulière se restreignit, dès lors, comme au temps du grand Synode, à la gestion de ses intérêts religieux et à l'application de ses lois spéciales. Elle perdit, comme alors/ son autonomie politique et ne conserva que son autonomie religieuse. Il n*est pas difficile de comprendre qu'on ait rendu le pouvoir, dans ces conditions restreintes, à ceux qui étaient, par leurs fonctions mêmes^ les chefs supérieurs du culte officiel.
Le Synhédrin ne paraît pas avoir subi de modifications par suite de ce nouveau régime. Nous le retrouvons, en effet, bientôt, au milieu des événements graves qui marquent les dernières années de la nationalité juive, fonctionnant comme avant cette époque et présidé par un membre de la famille d'Hillel, suivant la décision prise à la mort de l'illustre docteur de Babylone. ^
Néanmoins, après Hillel, il règne un peu d'obscurité sur l'action de la grande assemblée. Le Duumvir rat semble avoir été supprimé, car Hillel et Schammaï sont les derniers diiumvirs que mentionne le traité Ahoih, Après eux, l'héritage de la tradition, au lieu de passer par les anciens couples de chefs pharisiens {Zougoth)^ comme auparavant, se transmit par voie individuelle '.Peut-être le grand prêtre joùa-
- 1. Jusqu'à Hillel et Schammaï, le traité Aboth fait passer l'autorité invariablement par les Duumvirs : José ben Yoézer et José ben Yochanan; Josua ben Pérachiah et Nitaï d'Àrbelles; Juda benTabbaï
t-il alors un rôle prédominant dans les délibérations iriemes de Vassemblée synhédriale, et le président, nérilier du titre et de rautoritéd'Hillel, n'occupa- t-il plus qu'un rang secondaire. Ce qui s'est piassé peu de temps après, lors du procès de Jésus-Ghrist, où le grand prêtre de cette époque, Gaïphe, dirigea seul lés poursuites contre le fils de Marie et présida ]e tribunal où il fut condamné, semble démontrer, en effet, que le Synhédrin, dans le nouveau régime constitutionnel, avait perdu beaucoup de son importance. Il fut maintenu cependant, car Simon, fils d'Hillel, eut certainement, à cette époque, la présidence de l'assemblée ; mais l'autorité des procurateurs, maîtres de l'administration politique, et celle des grands prêtres, maîtres du gouvernement religieux, durent nécessairement diminuer, sinon son influence morale, du moins son pouvoir effectif.
Rien, à coup sur, ne pouvait être plus antipathique au peuple que ce nouveau système, dont la triple conséquence fut l'établissement définitif de la domination romaine en Judée, la perte de l'indépendance nationale, enfin, la résurrection du régime pontifical qui était si impopulaire. .
Les grands prêtres furent, en effet, sous le gouvernement romain, ce qu'ils étaient sous celui des rois de
et Simon ben Schétach; Schémaïa et Abtalion, etc. Après eux, il ne nomme plus qu'un seul m&îlTe, Rabhan Gamliel, Rabbi Yochanan ben Zakkai, Simon, Rabbi, etc. (Voir traité Aboth, cli. i et cli. ti.)
Syrie, des créatures complaisantes du maître dontilstenaieut leurs fonctions. Nommés arbitrairement par les procurateurs, destitués non moins arbitrairement, ce n'étaient plus, devant l'opinion, que les représentants du pouvoir étranger dont on supportait le joug avec tant d'impatience. On s'était habitué à les mépriser comme autorité religieuse, par suite des nombreux scandales qui avaient déshonoré leurs familles ; on les haïssait comme complices des oppresseurs païens. Ils ne justifiaient que trop, par leurs actes, le jugement sévère de leurs ennemis. Le tableau que Josèphe trace de leurs mœurs publiques et privées à cette époque, prouve à quel degré d'abaissement et de corruption étaient tombés les titulaires de cette grande magistrature religieuse ' . Il les montre se disputant, s'insultant, se battant dans les rues, tandis que leurs valets vont de maison en maison, dans les campagnes et dans les granges, prendre de force les dîmes et rouer de coups de bâton ceux qui refusent de les payer. Le pontificat, comme au temps de la domination syrienne, était acheté à prix d'argent^. Les compétiteurs se faisaient accompagner par des gens déterminés qui remplissaient Jérusalem de querelles et de rixes ^ Ces grands seigneurs de l'autel, gorgés des richesses qu'ils extorquaient par leurs violences, me-