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Tosifia Ménachoih, in fuie. — Talmud, Pessachim, ibicl

3. Renan, VA.7itechrist, ^p. iQ. — Talmud, yoiHa, 9. a. et 35. b. — Derembourg', ibid.

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il n'est plus permis de porter sur les fauteurs de rinsurrection juive le jugement partial formulé contre eux par Josèphe. Ce furent des patriotes exaltés et non des brigands comme l'historien courtisan les appelle. Malheureusement, ils dépassèrent lé but en l'exagérant. Gomme les révolutionnaires de toutes les époques, ils finirent par déshonorer une cause juste en mettant à son service des moyens détestables et en s'alliant, pour la défendre, aux hommes de crime et de désordre, écume démagogique que les convulsions politiques font toujours surgir des bas-fonds des sociétés.

Mais, on n'était plus au temps des Macchabées et la pensée de résister à la formidable puissance de Rome, maîtresse du monde, ne pouvait être qu'une héroïque folie. Les gens sensés, les esprits pacifiques le comprenaient bien. S'ils faisaient tant d'efforts pour calmer l'effervescence populaire, c'est qu'ils prévoyaient nettement l'issue désastreuse de cette téméraire entreprise. Le peuple, injuste et outré dans ses passions, les accusait de trahison; ils ne méritaient pas ce reproche; ils y voyaient plus clair que la foule ameutée.

Quant aux disciples d'Hillel, vaincus sur toute la Hgne par les fougueux disciples de Schammaï, ils se résignèrent à une situation qu'ils ne pouvaient empêcher et où ils devaient bientôt payer eux-mêmes de leur sang le tort de rester modérés au milieu de l'exal-

tation générale. Dès ce moment d'ailleurs lem' parti fut pris. 11 n'avaient plus de doute sur l'issue fatale de la crise. Pour eux, la nationalitiÉ'Israël touchait à sa fin. Toutes leurs préoccupations se portèrent désormais bien plus sur l'avenir de la loi et de la foi monothéiste que sur le sanctuaiibe matériel enfermé dans les murs de Jérusalem.

On raconte que le disciple favori d'Hillel, Yochanan ben Zakkaï, celui qui fut le fondateur de l'Académie d'Yabné et qui, certainement, sauva le Judaïsme dans le désastre national de la Judée, assistant, quarante ans avant la destruction du temple, à un prodige réel ou imaginaire arrivé dans l'édifice sacrée se serait écrié : « Pourquoi veux-tu nous effrayer, ô maison de » Dieu? Ne savons nous pas que tu es vouée à la » ruine ^ ! » Et, plus tard, en effet, fidèle à cette conviction, il n'attendit pas que ce sinistre événement s'accomplit. Avant que les Romains vainqueurs eussent transformé la cité sainte en un monceau de décombres, il en sortit avec ses disciples et transporta ailleurs, comme nous le dirons plus loin, à l'abri des luttes et des commotions politiques, la Loi qui était à ses yeux la patrie spirituelle d'Israël.

1. Les lourdes portes d'airain qui fermaient le temple s'étaient, dit- on, ouvertes d'elles-mêmes.

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