Sic submissa voce agam, tantum ut judices audiant [ibid
3. Istorum religio sacrorum a splendore hujus imperii, gravitate nomiais nostri, majorum institutis, abhorrebat. Vero quodilla gens, quid de imperio nostro sentiret, ostendit armis (§ 69).
que romaine les ménageait afin d'utiliser leurs relations avec leurs coreligionnaires de Judée, et de tourner à son profit l'influence qu'ils pouvaient exercer sur ces derniers. Aussi jouissaient-ils, dans la capitale de l'Empire, d'une entière liberté de conscience. Ils pratiquaient leur culte, sous l'égide 4es lois, dans les synagogues qu'ils avaient construites, et sans que personne y mît obstacle. C'étaient d'ailleurs des alliés. Chacun pouvait voir au Capitole les tables de bronze où étaient écrits les traités conclus entre les Romains et les princes hasmonéens. Les rapports étaient fréquents entre la Palestine et l'Italie. A tout moment les pouvoirs publics étaient sollicités par des ambassades venues de^Térusalem qui attiraient vivement l'attention publique. Le règlement des affaires juivelf avait fait très -souvent l'objet de grandes solennités, telles que le couronnement d'Hérode au Capitole et le débat sur son testament dans le temple d'Apollon. Enfin, par suite de la dispersion d'Israël, déjà si considérable à cette époque ', partout où arrivaient les généraux et les représentants de Rome, ils trouvaient des Juifs qui recherchaient ardemment leur protection ou les assaillaient de plaintes.
Rome, il faut le reconnaître, était essentiellement
1. Rappelons ici le mot de Strabon cité par Josèphe : « Il serait difficile de troruver un lieu dans toute la terre qui n'ait recules Juifs et où ils; ne se soient puissamment établis. » (i4n%., liv. XIV, eh, XII.)
tolérante. Sa domination, exclusivement politique, ne demandait jamais aux peuples soumis l'abdication de leurs croyances religieuses. Non-seulement elle leur laissait leurs cultes et leurs autels, mais encore elle n'hésitait pas à participer officiellement à leurs cérémonies. C'est ainsi, par exemple, que les empereurs faisaient des offrandes fréquentes au temple de Jérusalem et y donnaient libéralement des victimes pour les sacrifices.
Les Juifs étaient donc également protégés à Rome dans leurs personnes et dans leur religion. Us occupaient même à la cour des Césars une foule d'emplois de confiance. Mais ils ne se bornaient pas à jouir des droits qui leur étaient accordés; ils profitaient de leur situation favorable pour s'insinuer dans les bonnes grâces des princes et des grands et faire autour d'eux une propagande de nature à satisfaire tout à la fois leurs intérêts politiques et leurs intérêts religieux.
11 est hors de doute que, du temps de César et d'Auguste, le prosélytisme juif n'ait été triès-ardent à Rome et dans le reste de l'Empire \ Le monothéisme absolu,
i. Du prosélytisme des Juifs au temps d'Auguste, par Moïse Meyer ( Vérité Israélite, année 1861, t. II, p. 160.) ~ On trouve de nombreuses traces de cette activité de prosélytisme dans les inscriptions sépulcrales dé Rome dont un certain nombre concernent des prosélytes juifs et juives.
dont les dogmes spiritualistes et la belle morale contrastaient si fort avec les mœurs dépravées dé la âociété païenne, produisait partout une impression profonde. L'effet en était surtout fort grand dans Tintérieur des familles, où les chastes matrones se voilaient la tête devant la corruption universelle développée parles obscénités d'un culte trop réaliste, autant que parTamour des voluptés faciles et des plaisirs coûteux. Beaucoup de Romains, plus encore" de Romaines, avaient déjà été attirés par cette religion mystérieuse et sublime qui prêchait, avec l'unité de Dieu, les plus hautes vertus morales et sociales. Horace dit que les convertisseurs usaient de tous les moyens possibles pour accroître le nombre des prosélytes : ac veluti teJudœi, cogemus in hanc concedere turbam. Les dames romaines avaient à leur service OU dans leur intimité une foule de Juives qui agissaient vivement sur leur esprit et leur faisaient connaître les livres saints du Judaïsme *. A cette époque, les historiens et les poètes ne parlaient qu'avec sympathie de ces Juifs dont la haine politique, après la destruction de Jérusalem, devait faire à leurs yeux le rebut des nations et l'exécration du genre humain. Horace comptait parmi ses amis un juif, Aristius Fuscus, à qui il a adressé une ode et une épître.
1. Josèphe parle entre autres d'une juive, Acmé, qui était confidente de l'impératrice Livie et qui joua un rôle important dans certaines intrigues de cour.
Ce n'était pas seulement à Rome que le Judaïsme recrutait alors des prosélytes ; c'était dans tout le monde païen, en Grèce^ enÉgypte, en Asie. A Damas, les femmes païennes étaient toutes attachées à la foi d'Israël et ce fut même la cause d'un soulèvement populaire contre les Juifs de cette ville qui y périrent au nombre de plus de dix mille ^ Dans toute l'Asie Mineure, la plupart des femmes étaient plus ou moins secrètement affiliées aux communautés juives ^. Phi- Ion nous signaleim grand mouvement de conversion, en son temps, non-seulement en Egypte, mais parmi les Grecs et même les barbares, les habitants des îles et les peuples du continent, en Europe et en Asie ^. 11 ajoute, comme un fait d'expérience, que les nouveaux convertis montraient, une vertu, une douceur et. une philanthropie exemplaires *.
On a vu que l'Idumée tout entière ainsi que l'Iturie avaient accepté le Judaïsme. Mais la conversion de ces peuples avait été le prix de leur défaite;^ ce fut, au contraire, la conviction spontanée de la supériorité de la religion juive qui détermina le roi de l'Adiabénie, Izate et la reine Hélène, sa mère, à abandonner le Baganisme. Josèphe, qui nouç donne des détails étendus sur cet événement, ne tarit pas d'éloges en