Abolhr ch. I
.l'accès du Judaïsme, eu réduisant la foi juive à cette belle maxime morale : « Ne fais pas à autrui ce que lu ne veux pas qu'oq te fasse, » n'ai eu une heureuse influence sur la direction du prosélytisme juif. Inspirés, de son esprit tolérant, ses disciples allèrent plus loin encore. Ils déclarèrent que « tout homme qui abjure le paganisme est, par cela même^juif de fait *. » Ces transfuges du polythéisme q;ue le Judaïsme revendiquait et accueillait comme siens, sans leur imposer d'autres conditions que de renoncer formellement au culte des idoles, formaient « les prosélytes de la porte » en attendant de devenir, par une initiation plus complète, «les prosélytes de justice », Guéré-ha-Tsédek. Ils paraissent avoir été très-nombreux pendant la durée du second temple, et le rituel delà synagogue appelait sur eux les bénédictions divines comme sur « le reste de la maison d'Israël. ^ »'
Ainsi, le Pharisaïsme ne demandait à ceux qui voulaient se rapprocher du Judaïsme, que la foi en l'unité de Dieu. Il se contentait même de l'abandon pur et simple du polythéisme, certain que ce poiut de départ suffisait pour les engager définitivement dans la voie au bout de laquelle ils trouveraient infailliblement la vérité et le salut ^
i.mn^ Nipjmrmnn isi^n S^ctalmud, Megmiiak, i3t
a.) — « Quiconque renie l'idolâtrie peut être appelé Juif. >•>
2. Rituel, Prière de Schémonèh Ezréh, « les dix -huit bénédictions. »
3. Avec leur esprit finement observateur, les Pharisiens savaient
Les Pharisiens, en ouvrant ainsi largement la porte aux étrangers pour les faire entrer dans le sein de la communauté de Jacob, avaient conscience de la mission d'Israël dans le monde. A leurs yeux, la dispersion n'était considérée que comme un moyen providentiel de répandre partout la connaissance du Dieu un. « Pourquoi, » dit le livre de la doctrine, « Dieu a-t-il )) dispersé Israël parmi les nations? Pour lui recruter » partout des prosélytes. Le prophète a dit : « Je les )) ensemencerai dans la terre \ n — Or, un quintal » de semence produit plusieurs milliers de quintaux » de récolte \ )\
Lorsque nous étudierons les croyances messianiques des docteurs hébreux, nous verrons qu'en effet elles ne visaient à rien de moins que la conquête spirituelle du monde entier. Mais ce n'était pas en s'enfermant dans les murs étroits de Jérusalem, au risque d'y voir périr le Judaïsme lui-même dans l'inévitable désastre de la nationalité, qu'on pouvait avancer
fort bien distinguer les conversions inspirées par la foi de celles qui n'étaient qu'un calcul d'intérêt pour obtenir les faveurs des rois juifeV> Ils appelaient ironiquement ces prosélytes intéressés, « les prosélytes delà table royale ». (Talmdd, Jérus. Kidduschim, IV,65, b.)