Préface de V Ecclésiastique
plume. Ce qui est positif, c'est qu'Aristobule fut, ainsi que nous l'avons dit plus haut, gouverneur d'un des Lagides, probablement de Ptolémée Philométor '. Il joua un rôle influent à la cour égyptienne et prit un rang distingué parmi les philosophes de son temps. Sa doctrine s'inspirait essentiellement de celle d'Aristote ; tout ce qui s'est conservé, sous son nom porte l'empreinte de l'école péripatéticienne.
Quant à Philon, son histoire et la part qu'il eut dans le mouvement intellectuel de son siècle sont trop connues pour qu'il y ait lieu d'y insister. On sait que, par contraste avec Aristobule, il fut un des plus remarquables adeptes de la philosophie platonicienne et que son système constitue un vaste éclectisme destiné à combiner et à concilier les idées de Platon avec les principes de la loi juive. Le dicton pittoresque que la chronique nous a transmis à son égard, peint d'un seul mot la direction de son esprit et l'estime dont il jouissait parmi ses contemporains : « Est-ce Platon qui philonise? Est-ce Philon qui platonise ^? » disait-on plaisamment autour de lui 1
Quoi qu'il en soit, quand Aristobule et, plus tard, Philon, résumant tout le mouvenient du prosélytisme juif, s'adressèrent aux représentants de la sagesse an-
1. Arislobule vivait à Alexandrie vers le milieu du n« siècle avant l'ère chrétienne. C'est à lui qu'est adressée la lettre qui sert de préface au second livre des Macchabées.