‹ Les Pharisiens [microform]Chapitre 219 sur 500 · HiERONïMUs, Epistola ad Magnum · texte numérisé non relu

HiERONïMUs, Epistola ad Magnum

tique, pour leur expliquer, dans le langage dû Portique et de rÀcadémie, ce qu'enseignait le Jï^dàïsme, ils firent faire un pas immense à Tœuvre de propagande partout entreprise dans l'intérêt de la foi unitaire. C'est seulement à ce point de vue que leurs doctrines nous intéressent. Étudier leur système philosophique dans son ensemble, ne serait qu'une inutile digression.

Leur but essentiel fut de prouver aux philosophes contemporains que les vérités formulées par les sages du paganisme, avaient été proclamées, bien avant eux, par Moïse et par les voyants d'Israiêl, et que leur véritable inspirateur était le législateur des Hébreux ^

Aristobule, acceptant sans réserve les récits apocryphes des historiens et des poètes profanes arrangés et altérés ad usum Judœoriim, n'hésite pas à invoquer, à l'appui de sa thèse, ces témoignages mensongers. On peut mêrne, à bon droit, le soupçonner d'avoir été l'un des auteurs de ces falsifications systématiques ^.

En tout cas, il ne se gêne guère pour accommoder à sa façon, selon l'intérêt de son argumentation spéciale, les faits "historiques. Ainsi/ par exemple, pour étabhr que les grands écrivains de la

1. Philo, Quîs rerum divinarum hœres. —Aristobule, apwdEosEB. Prœpar. Evangel, My. Xïil, ch. i2.

2. C'est ce qui résulte des savantes recherches de Walkenaêr, Diatribe de Aristobulo Judxo.

Grèce ont connu les livres dès Hébreux, il prétend qu'il y a eu, avant la traduction des Septante, une version grecque du Pentateuque^ où Pythagore, Platon, Aristote et bien d'autres philosophes anciens, dans leurs voyages en Egypte, ont puisé toutes les grandes idées qulls ont ensuite portées aux peuples païens ^

Philon est plus prudent au ppint de vue historique ; mais la conclusion est la même chez les deux philosophes alexandrins. Aristobule y arrive par Taffirmatiorî d'un fait controuvé ; Philon, par la démonstration d'une similitude d'idées plus ou moins évidente. Tous deux font à Alexandrie ce que plus tard saint Paul fit à Athènes ^. Ils. affirment au monde païen que ((Je Dieu inconnu », deus iGN0TUS,qu'il adore sans savoir exactement ce qu'il est, quel est son nom, quelle est sa loi, n'est autre que le Dieu d'Israël.

1. Walkenaer, § 16. — Les faux historiens d'Alexandrie vont jusqu'à raconter des entrevues entre Aristote et divers juifs, notamment Simon le Juste, par qui le philosophe de Stagyre aurait même été converti au Judaïsme. (Gléarque, apud Edsèb. Prsepar. Evangel. IX,ch. 6 et7.)

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