Actes 'des Apotjres, ch. xvu, 33 et suiv
LES PHARISIENS. 45^^ ^ ^^^^^^^^^^^^ ï
Pour entraîner les penseurs qui, peu soucieux en général de la formule pratique des religions, cherchaient la vérité pure dans les régions supériieurës de l'idéal et de l'abstrait, " il fallait leur parler leur langage et se placer sur leur terrain. De là, chez Philon surtout, une tendance systématique à faire du Judaïsme une philosophie plutôt qu'une loi révélée.
Le grand art des philosophes juifs d'Alexandrie, dans ce but, fut de donner aux récits bibliques, en dehors du sens littéral, un sens symbolique au moyen, duquel les événements de l'histoire des Hébreux, les\ personnages qui eh avaient été les acteurs et les principes qui en étaient sortis, formaient tout un système d'allégories adaptées aux doctrines fondamentales de la philosophie grecque.
C'était le procédé que Platon ^ et, avec lui, presque toutes les écoles de la Grèce avaient employé pour l'explicË^tion philosophique de la mythologie païenne. Aristobule et Philon s'en servirent pour interpréter laloi deMoïse>,<(:Geux, dit Aristobule, qui ont peu » d'intelligence, s'arrêtent à la lettre et ne peuvent voir » ce qu'il y a de grand au fond. En conséquence, je
i.Respuhlica, li^. Il et Ul.
» vais, autant que possible, donner à chaque chose sa
» véritable signification*» . C'est lui, en effet, qui a fixé
la méthode de la philosophie juive d'Alexandrie et
introduit le système d'interprétation allégorique que
Philon poussa ensuite aussi loin qu'on peut rimagi-
ner.
Mais il faut reconnaître que, si l'un et l' autre s'ih^ spirèrent de la philosophie grecque dans le but d'établir la conformité de ses doctrines avec les croyances juives, ils puisèrent aussi abondamment aux sources hébraïques. Peut-être même empruntèrent-ils les éléments essentiels de leur système à une science obscure, alors très-répandue dans le Judaïsme, et qui semble ayoir eu sur leur esprit une influence encore ^liis grande que l'exemple de Platon et des Stoïciens.
Il est hors de doute qu'à cette époque les doctrines ésôtériques de l'Orient, soit qu'elles fussent nées d'un mysticisme exclusivement juif, soit qu'elles vinsseiàl de la Ghaldée^ étaient très-familières aux docteurs juifs de la Palestine, de la Babylonie et de l'Egypte. Elles avaient pris parmi eux le nom de Kabbale et cachaient, sous de bizarres formules de langage, les j,plus hautes spéculations philosophiques. Les grands problèmes de la création, Maassé Béreschith '^ et de