‹ Les Pharisiens [microform]Chapitre 223 sur 500 · De'profugis · texte numérisé non relu

De'profugis

3. Vpiçiïpn exemple de ce système. Du mot de la Genèse n Faisons l'homme !à notre image »,Philoiidéduiti;oute une doctrine tendant à prouver que Dieu s'est servi d'auxiliaires ^pour créer l'homme. (De mundi opificio 4.) —Une légende pharisienne a visé le même mot pour expliquer que, dans la création de l'homme, Dieu, en effet, a collaboré avec la terre, de sorte qu'Adam fut un composé d'éléments célestes et terrestres* (Béreschiih Rabba.)

LES PHi^RmiENS. 461

A l'exemple des Métoûrguémanim, qui, depuis Ezra, expliquaient et commentaient le Pentateuque devant le peuple en langue vulgaire, à l'exemple des Septante, Philon fît une guerre obstinée à, toutes les expressions ânthropomorphiquës contenues dans .les , livres saints et de nature à matérialiser l'œuvre et l.eîs.';. attributs de la Divinité ' ; et ce n'est pas une des coïncidences les moins curieuses du travail qui se faisait alors simultanément en Palestine et en Egypte, que de voir, tandis que Philon développe devant les sages de la Grèce la doctrine du Dieu pur esprit, du Dieu kkocoç^ dans le sens le plus absolu du mot, Jonathan ben Uziel, le disciple d'Hillel, rédiger et transmettre à la postérité le Targoum, où le plus haut spiritualisme anime de son inspiration tous les textes du livre sacré. ^

C'est en spiritualisant ainsi la pensée et l'expression de là Bible que le philosophe d'Alexandrie aboutit a la conception du Logos, mélange de l'idéalisme grec et du gnosticisme oriental, qui a fait de Philon le précurseur le plus immédiat des mystiques chrétiens.

Nous n'avons pas à définir ici par quelle série j^de

1. Aristobule spiritualisait aussi tous les-passages concernant l'action de Dieu sur l'univers. (Eusèbe, pvéB^j. Evang. Vllt. 10.)

raisonnements il essaie de démontrer ce système de théodicée, dont, cinquante ans plus tard, les derniers apôtres du Christianisme firent un dogme mystérieux en incarnant le Yerbe divin dans le corps de J^sus' ; nous devons nous borner à caractériser .„,V rapidement ses idées comme un des éléments importànts desdoctrines juives de cette époque.

Le Logos philonien est une combinaison du Logos platonicien avec les obscures traditions de la Meïmrâ chaldéenne, que les Métourguémanim du temps d'Ezra substituaient partout, dans TÉcriture, à l'action personnelle de Dieu. Dans la théorie de Philon, Dieu, source de la vie universelle, est une cause toujours agisgante ^ ; mais ce pur esprit n'a pu produire qu'un monde spirituel I son image, et c'est ce premier produit de sa puissance créatrice qui sert d'intermédiaire entre le monde matériel et l'Être infini. Les idées divines sont des entités spéciales qui doivent être considérées comme les prototypes des choses. Nous sommes ici en plein platonisme; mais Philon ne s'arrête pas sous les portiques de l'Académie. Les idées, filles de Dieu, prennent aussitôt à ses yeux une empreinte essentiellement juive. Ce sont des causes secondaires par rapport à Dieu, mais premières par rapport à l'univers visible. Dieu les emploie comme ses serviteurs et ses messagers. Nous revenons ainsi

i. Évangile de Jean, ck.i, 2. Legumallegorix, lïv.l.

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aux anges de la Bible et de la tradition babylonienne.

Or, la synthèse de ces forces intermédiaires se résumé dans le Xo^o5, le verbe divin, la cause active et providentielle, ou, selon la dénoinination côllèctî|e dès premiers versets de la Bible, l'^Mz^w, la force des forces. Le Logos est «le fils aîné de Dieu». Pbilon va même jusqu'à rappeler « le second Dieu ^ »— Les esprits supérieurs, Tunivers matériel,, enfin rhomnie sont des créations du Logos % qui a réalisé les types dldées qui étaient en Dieu, et dont il est devenu comme le miroir spirituel. C'est à l'image dii Logos, imagelui-même de la pensée divine, que tout ce qui existe a été formé. Sur la limite idéale du fini et de rinfini, le Logos est, ainsi, le lien qui unit Dieu et la création. Il est la vraie providence ^ ; il est le représentant de Dieu auprès. des créatures, à qui il apporte la connaissance parfaite de la vérité; il est le grand prêtre des créatures auprès de l'Eternel *. Dieu a deux temples; l'un est l'univers, dont le Logos, premier-né de la Divinité, est le pontife; l'autre est l'âme rationriellei dont Thomme véritable- (le NoOçi) c'est-à-dire la raison, est le prêtre *. f'

Cette théorie mystique, qui ïiest chez Philonqu'uiie

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