Josèphe, Autobiographie
autres frères ; mais il leur fallait subir encore une année d'épreuve, pendant laquelle on appréciait leurs mœurs et leur continence^ avant de pouvoir s'asseoir à la table commune. Après cela, ils étaient définitivement affiliés et prêtaient un serment solennel qui d' ailleurs contenait des formules de la plus belle et de la plus haute morale *.
La vie commune n'avait pu évidemment s'organiser que sous la condition absolue de la communauté des biens. L'Essénisme était en effet un communisme aussi radical que possible. Chaque adepte, en entrant dans l'ordre, se dépouillait de tout ce qu'il possédait au profit de Tassociation ^. L'ensemble des revenus sociaux était administré par un intendant général qui les distribuait suivant les besoins. Du reste, les Esséniens se préoccupaient fort peu de ces questions matérielles. Quand ils allaient en voyage, ils ne portaient avec eux ni argent ni provisions, certains de rencontrer toujours quelque frère ou quelque hôte pieux qui fournît à leurs besoins ^
Le mariage n'était pas seulement, à leur avis, comme le dit Josèphe, un lien qu'il convenait de ne pas contracter à cause de la perfidie des femmes, mais plutôt une cause d'impureté permanente dont il