Ibid,, ch. XII
4. Omnes qui credebant evaat pariter et habebant omnia commu-" nia. Possessioues et sabstautias vendebant et dividebant illa omnibus. (Apôtres, ch. ii, 44 et 45.) ■
22 LES PHARISIEiNS.
qu'Hananiah et sa femme Saphyrah, deux nouveaux adeptes, furent frappés de mort pour avoir dissimulé et retenu une partie de leur avoir ^
Le chef de la communauté judéo-chrétienne de Jérusalem, Jacques, le frère même de Jésus, est représenté par ses biographes comme un nazir essénien de la plus remarquable austérité, laissant croître ses cheveux, ne mangeant pas de viande, toujours vêtu, comme un pontife, d'un vêtement de lin et portant sur son front le péialon, plaque d'or, insigne du caractère sacerdotal ^.
Dans toute cette organisation, nous sommes manifestement en plein Essénisme, comme nous y étions en ce qui concerne la purification des péchés par le baptême. Nous n'y sommes pas moins en ce qui a trait à la guéri son des malades et des possédés. Le pouvoir de Jésus sur les démons, l'art prodigieux, naturel ou surnaturel, avec lequel on disait qu'il rendait le mouvement aux paralytiques, la pureté aux lépreux, l'ouïe aux sourds, la vue aux aveugles, la vie à ceux qu'on croyait morts, tous ces faits merveilleux que grossissait la voix publique et qui faisaient affluer vers lui tant de malheureux et d'infirmes, appartiennent à la tradition essénienne, où nous avons vu qu'ils étaient aussi nombreux qu'éclatants.
i. Apôtres, ch. v.
2. EusÈBE, Hist. Ecclés. ex Hégésippe, ii, 23. — Cette altitude de Jacques rend vraisemblable la pensée que Jésus et les siens s'étaient réellement affiliés à l'Essénisme.
La recommandation que fait Jésus à ses disciples de ne jamais jurer ni parle ciel, qui est l'escabeau de l'Éternel, ni par Jérusalem, qui est la ville sainte, mais de dire simplement : « Cela est ; cela n'est pas ^ ; » l'exhortation qu'il leur adresse de se retirer, pour prier, dans une cellule. solitaire où Tâme puisse s'élever vers Dieu sans témoin et sans distraction, au lieu d'imiter les dévots hypocrites qui vont dans les temples pour y être vus des hommes ^, sont des règles esséniennes par excellence. Enfin , sans proscrire absolument le mariage, comme les Esséniens les plus rigides, il s'y montrait '^cependant peu sympathique, et, dans une occasion significative, il donna à entendre que « la condition de l'homme à )) l'égard de la femme est telle, qu'en vérité, il vaudrait » mieux pour lui ne pas se marier ^. » Du moins telle est la conclusion que ses disciples eux-mêmes tirèrent de ses paroles.
Jésus et ceux qui s'étaient rangés autour de lui., continuant et développant la mission de Jean le Baptiseur, étaient donc indubitablement des Esséniens qui arrachèrent l'Essénisme à sa retraite obscure pour le mêler au mouvement de la société contemporaine, en en faisant le principe de la régénération morale et