‹ Les Pharisiens [microform]Chapitre 283 sur 500 · Réponse h App'ion · texte numérisé non relu

Réponse h App'ion

2, Philon, Legatio. n.

Philon échoua lamentablement, et FEmpereur s'emporta, en lui parlant une dernière -fois, jusqu'à le chas-^ ser du palais. Ordre fut envoyé aussitôt au gouverneur de Syrie de faire placer, même de force, la statue de Caïus dans le temple de Jérusalem avec injonction d'offrir à l'image impériale les sacrifices accoutumés et de mettre à mort tous ceux qui oseraient faire résistance.

Celui à qui ces instructions cruelles furent adressées, était Pétrone, l'auteur de Satyricon, égaré un moment dans les fonctions administratives. Ce raffiné aimable, sensuel et poëte, qui nous a laissé un si curieux tableau des mœurs dépravées de son siècle, cet homme du monde qui fut, à Rome, le type de l'élégance et de l'esprit et qui devint l'un des intimes favoris de Néron, était un esprit élevé qui n'avait rien de barbare ni de tyrannique. Tandis qu'il se préparait . lentement à accomplir à regret la mission dont il était si impérieusement chargé, les Juifs allèrent le trouvera Ptolémaïde pour le supplier de ne point exécuter les ordres qu'il avait reçus, déclarant que tous étaient résolus à mourir- et à se laisser même égorger sans défense, plutôt que de supporter une telle violation de leur loi. Aristobule, frère d' Agrippa, etHilkia, chef d'une des plus hautes familles patriciennes, vinrent joindre leurs instances à celles des envoyés du peuple.

La désolation était immense en Judée et l'émotion

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populaire était aussi grande qu'à l'époque où l'atteinte portée par Antiochus Épiphane à la foi juive provoqua le soulèvement des Macchabées. Pendant quarante jours que durèrent les pourparlers, les travaux de toute nature, même ceux des champs, furent interrompus. La nation entière, dans Fattente d'une décision, se préparait ou à se lever en masse pour résister, ou à se faire massacrer pour ne pas voir s'accomplir cet acte sacrilège.

Pétrone fut impressionné par cet héroïsme de la foi, dont l'indifférence des Romains en matière religieuse n'avait pas d'idée. Il s'arrêta et écrivit à l'Empereur pour lui faire connaître l'état des esprits et les dangers qu'il y avait à poursuivre sa résolution. Tout aurait été cependant inutile si, par bonheur. Agrippa ne se fut trouvé alors à Rome. Le roi juif donna un festin superbe à Caligula et, profitant d'un élan de reconnaissance de son impérial convive, il obtint de lui la révocation de l'ordre envoyé à Pétrone. Mais, celui-ci fut desservi par des ennemis qui l'accusèrent de s'être laissé corrompre par les présents des Juifs ; il eut payé de sa vie sa généreuse attitude, si, tandis que le vaisseau qui portait son arrêt de condamnation voguait vers la Syrie, Caligula ne fût mort lui-même. Le tyran en effet avait été assassiné, lorsqu'il se rendait au théâtre, par Chéréas, chef des prétoriens, à la tête d'ime troupe de conjurés*. Rome

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