‹ Les Pharisiens [microform]Chapitre 293 sur 500 · Tacite, Annales, liv. V, ch. x · texte numérisé non relu

Tacite, Annales, liv. V, ch. x

2. Has superstitiones, licet contrarias sibi, iisdem tamen auctoribus profectas ; Chrislianos ex Judaeis exstitisse. (Tacite, Annùlesr>%v, 44.)

dans le but de la refaire à son, gré sur un plan plus élégant et plus somptueux, n'avait rien trouvé de plus habile que de rejeter la responsabilité de ce crime sur les malheureux chrétiens, et de profiter de l'occasion pour satisfaire en même temps ceux qui demandaient qu'on délivrât le pays « de cette peste reli- » gieuse * . » Les supplices qu'on fit subir à ces martyrs dépassent tout ce que l'esprit de barbarie peut inventer. On alla jusqu'à en faire des flambeaux vivants. Enveloppés de poix et de résine, on les brûlait sur les places publiques, tandis que l'Empereur et ses favoris faisaient voler leurs chars rapides dans les longues avenues éclairées par ces torches humaines. Les outrages auxquels furent soumises les femmes et les vierges ne peuvent se répéter. Les tortures qu'on imagina afin de faire de ce massacre un spectacle attrayant pour la plèbe, et, pour César, un aiguillon de sa perversité lascive, ne sauraient se décrire. Il faut se détourner avec horreur de ces dévergondages de la persécution.

Les Chrétiens épouvantés, mais héroïquement fortifiés dans leur ressentiment contre une société maudite de Dieu, qui était capable de pareilles atrocités, y répondirent par un cri de malédiction qui a inspiré contre Néron, personnification de la Bête immonde, et contre Rome, émule de l'infâme Balylone, cette ma-

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