IV INTRODUCTION
L'ensemble de l'histoire du peuple hébreu suffisait pour faire comprendre qu'il devait y avoir en cela quelque fâcheuse équivoque.
Pendant toute la durée du second temple, c'est-àdire pendant plus de cinq siècles, le Pharisaïsme a exercé sur la société juive, et même en dehors d'elle, une puissance d'opinion considérable. Bien qu'il ait rarement occupé le pouvoir officiel, bien qu'il ait eu, au contraire, à subir, de la part des chefs de la Judée, rois ou grands prêtres, de terribles persécutions, bien qu'il ait dû soutenir des luttes acharnées sur le terrain des faits comme sur celui des principes, cependant il n'a pas cessé de donner seul l'impulsion au mouvement social, moral, intellectuel et religieux, avec une fermeté et une constance indomptables. Lorsqu'il n'a' pas eu le gouvernement politique, il a toujours eu le gouvernement spirituel du Judaïsme, ^ porté, soutenu par les sympathies inaltérables du peuple entier qui voyait en lui l'incarnation de ses sentiments, de ses intérêts et de ses croyances. Puis, quand tout s'est écroulé autour de lui, quand la nationalité d'Israël s'est anéantie dans les décombres