INTRODUCTION. V
de Jérusalem, lui seul est resté debout sur ces ruines. Lui seul a conservé assez d'influence, de prestige et d'autorité pour grouper autour de lui les restes épars de la race de Juda. Lui seul a inspiré assez de confiance pour devenir le centre du Judaïsme de la dispersion, et lui donner une nouvelle loi, un nouveau culte, une organisation originale et forte, qui ont sauvé le principe monothéiste dans l'immense désastre oii s'engloutissait la puissance nationale.
Évidemment, quelque habiles qu'on les suppose, des hypocrites ne s'emparent pas aussi longtemps de l'esprit d'une nation pour la façonner et la conduire à leur gré. Les triomphes des mauvaises doctrines et des , mauvaises passions ne sont jamais que des accidents éphémères. La conscience publique se redresse bientôt et ramène dans la droite voie les sociétés qu'une surprise d'un jour en a écartées. Sile'Pharisaïsme n'avait été qu'une œuvre d'hypocrisie et de mensonge, sa domination séculaire serait le phénomène le plus étrange, le plus inouï qui se fût produit dans le monde.
Il suffît de lire attentivement le récit évangélique pour se convaincre que Jésus n'a voulu flageller que les hypocrites qui, profitant de la popularité et de. la considération universelles dont jouissaient les docteurs pharisiens, exagéraient, en public, le rigorisme