HIT] a'>DW3 nS (Talmud, Baba Metzia, 59, a
Le résultat de cette longue discussion Tatteste éloquemment.
Malgré la voix miraculeuse, la majorité du Synhédrin trancha la difficulté par un compromis où les deux partis trouvèrent une satisfaction égale. On décida que les opinions de l'école d'Hillel formeraient désormais la règle officielle, ce en quoi on eut mille fois raison, la doctrine du savant docteur de Babylone étant généralement fort' supérieure à celle de son fanatique collègue, mais on laissa cependant pleine liberté à ceux qui le voudraient de suivre individuellement les opinions de Schammaï ^ Cela ne résolvait rien sans doute, puisque les dissidents n'étaient pas ténus par le vote de la majorité, mais du moins les décisions d'Hillel devenaient le principe régulateur et c'était quelque chose dans la confusion doctrinale où l'on se trouvait au|)aravant.
Ce qu'il y a surtout d'important dans cette résolution, si bizarre qu'elle puisse paraitre,c'est qu'elle fut, en définitive, une nouvelle victoire delà liberté d'examen. Elle donnait, en effet, à chacun le droit de choisir entre les opinions contraires, de croire et de pratiquer suivant l'inspiration de sa raison et de sa conscience. On ne citerait pas, dans l'histoire des religions, un autre exemple d'une telle tolérance en matière de foi.
{T031FTA, Edouyoth, ch. 11.)
LES P,H A RI SI EN s. 209
Ce grand débat ainsi réglé par un modus vivendi ultra-libéral entre les deux écoles, Gamaliel paraît avoir mis tous ses soins à empêcher désormais toute lutte de parti et à réprimer énergiquement toute tentative d'agitation intérieure. L'idée était juste sans doute, car on était entouré de trop de périls pour qu'il pût être permis de les accroître encore par des dissensions intestines; mais le patriarchepôussa, dans ce but, l'exercice de l'autorité au delà des limites nécessaires. La loi mettait, en ses mains, comme armes tejnporelles, FexcommuniGation et le bannissement {Schamîa, Nidouï) ^ Il en usa avec la plus e:^trême rigueur, même vis-à-vis des hommes les plus considérables de l'Académie de Yabné, et souvent il appliqua cette pénalité sévère à des faits de la plus minime importance. Une raillerie innocente, une critique passagère contre quelque décision synhédriale suffisaient pour provoquer sa colère ^. Il bannit son propre beaufrère, Éliézer ben Horkanos, pour un prétendu manquement à certaines pratiques rituéliques '. 11 menaça de ce châtiment Akiba lui-même *. Aucune considération, aucune personnalité ne l'arrêtaient. Convaincu que
1. Le banni était en quelque sorte séparé de la société; il ne devait porter que des habits de deuil et, s'il mourait, pendant sa peine on ne pouvait placer qu'une pierre sur son sépulcre (Talmud, Moed lialon, 15, b. — Mischnah, Edomjolh, v, 6).