‹ Les Pharisiens [microform]Chapitre 347 sur 500 · Talmud, Berachoth, 29. b. — Taanith vi, 67. d · texte numérisé non relu

Talmud, Berachoth, 29. b. — Taanith vi, 67. d

tradition séculaire, en précisant quelle avait été, sur les diverses questions, la coutume dominante. Ce point fixé, la solution en découlerait d'eUe-iriême. Suivant le grand principe pharisien: « Fusage serait considéré » comme ayant force de loi » et remporterait sur toutes les décisions doctrinales qui avaient pu l'altérer; Minhag ôker Halachah.

Cette proposition fut adoptée. Le Synhédrin prescrivit une vaste enquête dans laquelle devaient être entendus tous les témoins en état de fournir â rassemblée des renseignements exacts sur les points controversés ^

Le document officiel qui a 'constaté lés résultats de cette enquête, existe encore. Les téinoignages en furent consignés dans les procès verbaux que tenaient les secrétaires et les greffiers dû Synhédrin et où étaient énoncées, dans toute discussion

1. La date de cette enquête fut marquée par un incident qui montre une fois de plus l'esprit libéral de Yéhosclioua. Le jour même oi\ elle s'ouvrit, un païen de race ammonite se présenta devant le Synhédrin et demanda s'il pouvait être' légalement admis comiïie:prosélyte. Gamaliel s'y opposa vivement s'appuyant sur le texte du Pentateuque : «Les Ammonites et les Moabites ne pourront entrer dans » rassemblée du Seigneur même jusqu'à la dixième génération. » (Z)eM/<^o»,ch. XXII, 3.) Mais Yéboscbona fit observer que les invasions étrangères, dont ces pays avaient été tant de fois le théâtre, ne permettaient plus de suivre avec sûreté les origines des peuplades ni la filiation des familles, ce qui rendait inapplicable la disposition restrictive de la loi écrite. Cette opinion triompha et l'Ammonite fut admis, (Mischnah, Yadaim, iv, 4; Gr«tz, t. IV, p. 40.)

publique, les diverses opinions émises \. Ils ont formé, plus tard, une partie de là Mischnah sous le nom de £rfowyo^A(déposi-tions de témoins) j et le résultat général est connu sous le nom de Béckiriah (triage). La formule en est simple et concise ; elle se borne à l'exposé du cas légal, avec une brève solution, au nom de celui qui en estFaiiteur ^

Du reste la majorité se montra tout à fait impartiale entre les deux écoles. En certains cas elle adopta les opinions d'Hillel ; en certains autres, celles de Schammaï ; d'autres fois elle se prononça en dehors de leurs idées, « ni comme ceux-ci ni comme ceux-là» disent les textes. Mais ce qu'il importe de signaler, en cette circonstance, ce sont moins les solutions auxquelles on aboutit, que le système qui fut mis en pratiqué. Ce fut une des plus remarquables applications du principe de la souveraineté populaire que lé Pharisaïsme avait si nettement posé dès l'origine et qu'il n'avait cessé, depuis lors, de défendre et de faire prévaloir.

En effet, reriquètè ouverte par lé Syrthédrin de Yabhé, pour fixerla règle légale dans la contradiction des écoles, déféra solennellement à l'opinion publique le droit de décider ce qu'il fallait croire et ce qu'il fallait

Page 1