I, Rois, eh. VIII, iO et s. — ch. ix
4. Le texte porte S^W D*lii?1 ÙJUSD « expliqué selon la raison. » Voyez sur cette solennité Néhémiech. viii, 8 etsuiv., en remarquant aussi le mot 'j''3''aQ dont il se sert : « faire comprendre une chose.,»
12 LES PHARISIEiNS.
bien compris ce qu'on « leur avait enseigné \. » Ainsi jusqu'à Ezra la loi était une révélation qui s'imposait ; depuis Ezra, c'est une doctrine qui s'expose. Il ne s'agit plus seulement de croire et d'obéir; il s''agit surtout d'apprendre et de connaître.
Ce nouveau point de vue, qui caractérise la transformation profonde accomplie à cette époque, ne se présente pas, dans l'histoire, comme une simple formule doctrinale ; il s'appuie sur tout un ensemble d'institutions destinées à mettre résolument les nouvelles théories en pratique.
La plus ^considérable de ces institutions est le grand SYNODE, Kénesseth-ha-Guédolah. Ce fut un conseil d'État, ou plutôt une sorte d'assemblée représentative dont Ezra jugea opportun de s'entourer pour donner plus d'autorité aux mesures qu'il voulait prendre. Sous un autre nom et sous une autre forme on y retrouve le souvenir du Conseil des Anciens qu'avait réuni Moïse pour le seconder dans sa tâche laborieuse. L'action de ce sénat hébreu ne s'était plus manifestée, ni sous les juges ni sous les rois, par aucun fait historique. L'autorité royale, d'un côté, le pouvoir pontifical, de l'autre, et, par-dessus tout, l'influence morale
4^ Néhémie, ibid., 12-
du prophétisme avaient^ probablement, durant cette v période, amoindri et peut-être. supprimé cette assemblée nationale. Ezra la fit revivre et lui donna un rôle qui devait en faire le rouage le plus important de l'organisation juive.
Le Grand Synode se composa, dit-on, de cent-vingt membres parmi lesquels se trouvaient les trois derniers prophètes, Aggée, Zacharie et Malachie \ Nous n'avons pas de renseignements certains sur la nature de ses pouvoirs, mais nous connaissons l'oeuvre qui est sortie de ses délibérations ; elle révèle la valeur de ceux dont elle émane. Ils ont d'ailleurs conservé une renommée exceptionnelle. La tradition les nomme avec respect <( les hommes du Grand Synode, » Ansché Kenesseth'ha-Guédolah. Elle les considère comme les héritiers directs de Moïse et des prophètes ^. C'est avec leur concours qu'Ezra réalisa la réforme qu'il avait conçue et qui a fait de lui, aux yeux de ses contemporains, en quelque sorte le « second législa- » teur d'Israël^. »
Quant à l'institution elle-même elle survécut à cette première mission. Elle eut même une longue durée,
1. Voir le Judaïsme ou la Vérité sur le Talmud, par S. Klein, grand rabbin de Colmar, p. 16, Mulhouse, 1859.