Traité Aboth, ch. i
2. A cette dernière époque, elle a joué fréquemment un rôle officiel dans les relations extérieures sous le titre de Sénat. Jonathan, qui succéda à JudalMaccliabée, lorsqu'il écrit aux Lacédémoniens, le fait dans cette forme : « Jonathan grand prêtre, le sénat et le peuple juif, aux Épliores, au sénat et au peuple de Lacédémone. (Josèphe, Aniig., Liv. Xin, ch. IX,)
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LES.PHARISIENS. :• ,15y:aii|./
qui revinrent avec Ezra de Babyloiie, et les Docteurs, 3|| qui, déjà à cette époque, se distinguaient de l'ensemblfe du peuple par un titre spécial S On y vit, sans* doute aussi, beaucoup de membres des familles sacerdotales, Ezra lui-même étant de la race d'Aaron ; mais l'assemblée se recruta dans tous les rangs de la société d'alors. La piété et Tintelligence furent les seules conditions pour y être admis.
Ce fut donc une sorte de concile démocratique où les représentants du peuple juif furent appelés à décider les plus hautes questions religieuses et sociales. Pour la première fois la loi, au lieu d'être proclamée au moyen: d'une révélation divine, allait être fixée par des délibérations solennelles et par des décisions prises à la majorité des suffrages. Saluons, à vingttrois siècles de distance, cette première manifestation du droit de discussion qui fut, dans le monde, le début de la liberté d'examen et, en Israël, le berceau du Pharisaïsme.
Les débats du Grand Synode furent précédés par un fait qui n'est pas moins caractéristique. Néhémie, qui seconda avec tant de zèle l'œuvre entreprise par Ezra et dont la remarquable personnalité est restée injustement dans l'ombre, rédigea une
1. Ainsi,parmiceux qui accompagnèrent Ezra^ on trouve,par exemple, Yehoïarib et Elnathan (I Macchabées, ch.xiii, 6) désignés sous le nom particulier dé "j'î^UD, Mébinin, qu'on peut traduire par» Sages » ou « Docteurs. » (Ezra, ch. viii, 16.)
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sorte de charte destinée à constaterradhésion formelle du peuple hébreu aux principes essentiels de la loi. La Bible nous a conservé le texte de ce document qui est le pacte de la nouvelle alliance *.
Déjà, sous Josué, le peuple avait été consulté pour savoir s'il voulait ou non se soumettre aux lois édictées par Moïse, et pleine liberté lui avait été laissée de les accepter ou de les rejeter^ ; mais il n'était resté de l'assentiment des Hébreux qu'une simple mention plus ou moins certaine. Sous Ezra et Néhémie, un contrat authentique, revêtu de signatures obligatoires, attesta l'engagement formel de la nation. Ce plébiscite religieux comprit la population tout entière, même les femmes et les enfants, « tous ceux, dit le » texte, qui étaient capables de connaissance et d'inteUi- » gence ^. » Les prêtres, les lévites, les principaux chefs de famille apposèrent leurs seings sur l'écrit sacré et le reste du peuple y adhéra sous serment.
L'importance de ce vote populaire est évidente. Bien plus que les paroles significatives du livre d'Ezra, il faisait sortir le Judaïsme du domaine surnaturel pour le faire entrer dans la sphère des institutions humaines. C'est la substitution du droit populaire au droit divin, de la démocratie à la théocratie. La souveraineté religieuse fut ainsi attribuée à Israël
d. Néhémie, ch. ix et x.