‹ Les Pharisiens [microform]Chapitre 39 sur 500 · Néhémie^ ch. x · texte numérisé non relu

Néhémie^ ch. x

tout entier comme lui appartenait la souveraineté politique ^ Le suffrage universel fut appelé à établir les bases générales de la loi, laissant [aux pouvoirs; publics le soin de les développer, de les interpréter et de les appliquer.

Cependant, à cette première phase delà réforme, on n'alla pas, d'un seul bond, aux conséquences extrêmes des principes posés. — Nous n'en sommes pas encore à la notion précise ni à l'organisation d'une large démocratie religieuse et sociale, telle que nous la verrons sortir, plus tard, des doctrines et des luttes séculaires du Pharisaïsme. — La réforme, à ses débuts, ne toucha à aucun des privilèges héréditaires qui donnaient à l'aristocratie du sacerdoce et de la naissance une puissance prédominante dans la société juive. Le pontificat, surtout , était alors trop influent et trop respecté pour qu'on put songer à déposséder la famille d'Aaron de ses antiques prérogatives. — On consacrait, à côté du sanctuaire, les droits de la communauté de Jacob et l'autorité légitime de la science ; mais nul ne songeait à supprimer, pour cela, le sacerdoce. Loin de là, Ezra

1. On a un exemple de cette souveraineté politique lors de l'établissement de la royauté au temps de Samuel. Saûl est élu roi par un véritable plébisciLe. ( I. Samuel, ch. x, 17 et 24.)

le rattacha fortement à son œuvre en lui donnant une situation prépondérante dans le nouvel état des choses. Le grand prêtre y fut investi de la puissance suprême, si l'on peut appeler ainsi l'administration générale des intérêts du Judaïsme, telle qu'elle existait dans un pays soumis à des maîtres étrangers.

Josèphe, sans, entrer dans des détails précis sur la nature du pouvoir pontifical, à cette époque, constate simplement qu'après le retour de Babylone, « on éta- » blit une forme de gouvernement aristocratique, )) dans lequel les grands prêtres eurent toujours l'au- )) torité souveraine, jusques au temps des Maccha- » bées. ■• »

Le grand prêtre et le grand synode apparaissent alors comme les rudiments d'un système social dont le triomphe de l'insurrection hasmonéenne devait faire uneforte organisation politique et religieuse. Mais, à l'origine, l'action du Grand Synode se borna à la réforme du culte, et le pouvoir pontifical, à l'administration du Temple et à la représentation des intérêts moraux du Judaïsme. Nous l'avons dit : il n'y avait pas alors d'État ; il n'existait encore qu'une Église. L'œuvre des réformateurs, comme celle des gouvernants, ne pouvait en dépasser les limites-

Du reste toute l'activité, toutes les ambitions, toutes les espérances des Juifs étaient concentrées dans l'édifice sacré si étonnamment relevç de ses ruines.

i. Antiquités, \W. XI, ch. 11. '

Leur vie publique s'absorbait dans les pratiques du culte; leur vie morale, dans l'étude et la défense de leur loi religieuse. Impuissants à reconquérir l'autonomie nationale, ils firent du temple le foyer inviolable d'Jsraël. Ce fut désormais la véritable patrie du Judaïsme , comme c'était le palladium du Monothéisme. Isaïe n'avait -il pas promis que ce serait, unjour, « la maison de prières de tous les peuples \ » et les derniers prophètes n'avaient-ils pas solennellement annoncé que l'unité de Dieu deviendrait le dogme du monde entier^?

Au début de l'œuvre accomplie par Ezra, l'avenir du Monothéisme était donc, en quelque sorte, incarné dans le temple de Jérusalem^? Il est dès lors naturel que ceux à qui le ministère supérieur de l'autel y était confié, aient été, en même temps, investis des grandes fonctions publiques. C'est dans cette pensée que le gouvernement, si Ton peut appeler ainsi la direction morale et spirituelle de la société juive, fut déféré, à cette époque, aux familles sacerdotales. Le grand

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