‹ Les Pharisiens [microform]Chapitre 40 sur 500 · Zaghabie, ch. XIV, 7, 8, 9. — yiii · texte numérisé non relu

Zaghabie, ch. XIV, 7, 8, 9. — yiii

3.- Aussi ce monument fut-il construit autrement que pour un simple lieu de prières. Les Samaritains qui avaient dénoncé à Ca'mbyse les arrière-pensées des architectes hébreux, ne s'étaient pas trompés. Le temple était une véritable forteresse et la façon dont les remparts de Jérusalem avaient été rébâtis faisant de la ville elle-même une citadelle formidable. Les sièges qu'elle a si vaillamment soutenus à diverses époques ont prouvé combien était puissant le système défensif de ses fortiQcations.

prêtre était, en quelque sorte, le président d'une république plus religieuse que politique, dont le grand synode fut, à côté de lui, le pouvoir représentatif.

Les chefs qui avaient ramené les Hébreux de l'exil descendaient d'ailleurs généralement de la famille d'Aaron ^ . L'initiative qu'ils prirent alors et l'œuvre considérable qu'ils accomplirent les désignaient hautement à la reconnaissance publique. Le sacerdoce, en leur personne, avait rendu un éclatant service au Judaïsme. Il était juste qu'il en fut récompensé. Ses chefs furent élevés sans conteste à la plus haute magistrature avec le titre de « Nossi » prince.

Et cependant, la réforme inaugurée par Ezra devait avoir, plus tard , dans ses développements logiques et dans ses conséquences extrêmes, d'abord l'amoindrissement successif, puis l'abolition du sacerdoce! Mais les réformateurs ne prévoient pas toujours quel doit être le fruit de la semence qu'ils jettent dans le champ de l'avenir. Il est vrai que le pontificat juif ne tarda pas à donner lui-même, par ses fautes^ par ses scandales, par sa corruption et par ses trahisons, des armes terribles à ses adversaires. Après avoir été, au temps d^Ezra, l'école de la piété et de la raison, il devint bientôt le foyer des plus viles passions et des

1. Nous avons dit qii'Ezra et Néhémie étaient de race sacerdotale. Le grand prêtre Yélioschoua ben Yotsadak, que Zacharie fait apparaître dans une vision légendaire (Zacharie, eh. m) accompagnait, Zorobabel.

JLES PHARISIENS. 21

luttes les plus lamentables. Il perdit, avec sa propre dignité, le respect de l'opinion publique et ses ennemis n'eurent pas beaucoup à faire, pour lui enlever le pouvoir qu'il avait déshonoré.

Dans la tradition juive, les Pontifes qui, aux premiers jours du second temple^ furent investis de l'autorité suprême, appartenaient à l'illustre famille des TsADOKiTES, laquelle jouissait d'une influence et d'une réputation héréditaires ^ .

D^'où vient ce nom de a Tsadokites o qui figure dans les monuments traditionnels comme une appellation généralement admise et que nous verrons bientôt appliquée à l'un des grands partis juifs? Tout porte à croire qu'elle vient du grand prêtre Tsadok qui, d'après Josèphe ^, aurait exercé le premier pontificat après la construction du temple de Salomon. On comprend en efiet le prestige dont l'opinion dut honorer le nom du pontife qui avait concouru à l'œuvre pieuse du fils de David .

Portés ainsi au gouvernement par l'illustration et le privilège de leur naissance, autant que par leur

1 . Lorsque Ezécliias rétablit en Israël le culte de Dieu, le grand prêtre qui présida à cette réorganisation, est désigné comme étant de la famille de Tsadok. (II Chrgni., ch. xxxi. 10.) Ezéchiel parle aussi des prêtres de la famille de Tsadok comme méritant, plus que toute autre, d'exercer les fonctions sacerdotales. (Ezéchikl, ch. xuv, 15.)

2. Josèphe, Antiqrdtés, liv. X, ch. ii. — Les Chroniques (I, ch. vi, 10) diffèrent du récit de l'historien juif. Le premier pontife du temple de Salomon aurait été Hazai-iah. Tsadok n'aurait été que le troisième.

22 LES PHARÏSJEiNS. '

popularité et leur dévouement, les grands prêtres tsa-

dokites secondèrent, avec énergie, l'entreprise d'Ezra

et donnèrent une vive impulsion aux travaux du grand

synode.

La haute assemblée, de son côté, entra très résolument dans la voie que son origine même ouvrait devant elle. La chronique nous a conservé le résumé de son programme, sous la forme de trois maximes essentielles correspondant à un triple intérêt de cette époque de reconstruction.

« Être circonspect dans les décisions juridiques; » — multiplier les disciples, — faire une haie autour » de la loi ' . )>

La justice, l'instruction, la loi furent ainsi la préoccupation dominante des hommes du grand synode. Mais l'œuvre à laquelle ils s'attachèrent surtout fut la troisième partie de leur programme, dont les deux autres étaient plutôt à leurs yeux la conséquence et l'application.

Ce qu'ils voulurent, ce fut de mettre désormais à l'abri de toute atteinte la loi, la Thorah- sacrée qui

Page 1