Traité Aboth, ch. i
2. La loi en hébreu s'appelle Hlin (Thorah). Dans la première période de la nationalité on ne désignait sous ce nom que les commandements du Pentateuque. A l'époque où nous sommes il s'applique non-oeu!ement à la loi originelle mais aasài à la loi traditionnelle.
était le patrimoine d'Israël et devait être un jour la lumière du monde.— Ezra et ses conseillers étaient convaincus que la violation de laloi avait été, à toutes les époques, la cause des malheurs du peuple élu. Pour le prémunir, à l'avenir, contre ses propres défaillances, ils conçurent la pensée de faire en sorte que chaque membre de la communauté de Jacob fut tellement imprégné de l'esprit de la loi, en possédât si complètement la connaissance^ en pratiquât si exactement les devoirs, qu'elle devînt, pour, ainsi dire, sa vie de tous les jours, qu'elle formât comme une atmosphère spirituelle renvironnant , le pénétrant à toute heure, où il respirât, en quelque sorte, l'amour du Dieu unique et le respect des vérités supérieures dont il était le gardien. Tel est le but que les hommes du grand synode ont défini par ces mots : « faire une » haie autour de la loi. »
Pour l'atteindre, ils ne se sont pas bornés à une simple réforme ; ils ont fait, au sein du Judaïsme, une véritable révolution. ,
La réforme s'est attachée au culte ; la révolution est allée jusqu'au principe même de la loi.
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Le culte, tel que Moïse l'avait établi, avait un caractère éminemment national. Il se concentrait dans
le sanctuaire. Son objet essentiel était de lier tout Israël en un faisceau compacte, autour de l'autel du Dieu vivant. En dehors des sacrifices et des trois pèlerinages solennels de chaque année, on ne trouve dans la Bible aucun indice, aucun souvenir de culte local ni de culte privé. A part la courte prière individuelle dont le Pentateuque précise les termes à l'occasion de l'offrande des prémices \ il n'y a pas une seule formule liturgique dans les livres de la loi. La prière était évidemment laissée à l'inspiration personnelle. Chacun adressait, à son gré, au créateur ses vœux, ses plaintes ou ses espérances. Suivant le mot de Hannah, mère de Samuel : « On épanchait son âme » devant le Seigneur ^. »
L'Écriture Sainte et la tradition nous ont transmis la description des -cérémonies splendides qui se célébraient dans le temple de Jérusalem ; mais que se passait-il dans les autres villes de la Judée ? Que se passait-il dans les lointaines colonies des Juifs déjà dispersés sur tant de points du monde connu ? S'ils pratiquaient un culte, dans ces diverses régions, ce qui n'est pas douteux, les formes en devaient être très - variées suivant les pays, n'étant soumises à aucune règle légale.
Le grand synode entreprit de constituer l'unité liturgique pour maintenir l'unité religieuse. Il com-